J’ai fait naufrage sans la moindre tempête, dans une mer où j’avais pied.
Écrivain, 1888-1935Source : Le Livre de l’intranquilité de Bernado Soares (1982)
Source indiquée, pas encore vérifiée sur le texte original. Comment nous vérifions
J’ai fait naufrage sans la moindre tempête, dans une mer où j’avais pied.
Écrivain, 1888-1935Source : Le Livre de l’intranquilité de Bernado Soares (1982)
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Celui qui a failli faire naufrage redoute jusqu’aux eaux tranquilles.
J’aurai rêvé ma vie à l’instar des rivières Vivant en même temps la source et l’océan Sans pouvoir me fixer même un mince moment.
La mer n’a pas sitôt posé une vague sur le rivage qu’elle court en chercher une autre.
Je ne laissais rien derrière moi, j’avais marché sur ma vie avec des patins, sans laisser de traces.
Ce qu’elle aurait aimé, dans cette solitude qui en augurait une autre, c’est d’entendre la mer. Entendre la mer sans la voir et lui accorder le pouvoir de porter en elle le souffle de tous ceux qu’elle aimait sans le leur dire jamais.
Je pense qu’une des raisons pour lesquelles je n’ai jamais sauté d’un pont à l’élastique, c’est que j’ai peur de pisser de trouille, et d’être à l’envers à ce moment-là.
Déborde le fleuve, pas le soleil.
Seul un poisson mort navigue dans le sens du courant.
Au fond, voilà pourquoi j’ai voyagé à pied : par simple amour du vent et de la terre.
Le navire roulait sous un ciel sans nuages, Comme un ange enivré du soleil radieux.

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