Il est évident, comme vous dites, que l’ouvrage est de différentes mains.
Écrivain, 1717-1783 Image : After Maurice Quentin de La Tour, Domaine public, Wikimedia Commons Il est évident, comme vous dites, que l’ouvrage est de différentes mains.
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Correspondance
… Vous avez assurément bien raison de ne vouloir pas être soupçonné de cette production d’enfer; et je ne vois pas d’ailleurs sur quel fondement ou pourrait vous l’imputer.Il est évident, comme vous dites que l’ouvrage est de différentes mains; pour moi, j’y en ai reconnu au moins quatre, celle de Belzébulh, d’Astaroth, de Lucifer et d’Asmodée; …
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Je suis convaincu que les œuvres qui durent ne durent que par des malentendus, par toute la littérature dont la postérité les entoure, littérature où les intentions véritables des auteurs finissent par être noyées du tout et perdues de vue.
Tant de livres nous font négliger le livre du monde ; ou, si nous y lisons encore, chacun s’en tient à son feuillet.
Je ne crois pas que, dans toute l’histoire de la littérature, on puisse trouver un autre écrivain qui ait placé ainsi sa confiance dans la force de ce qui est dit plutôt que dans la façon de le dire.
Il y a des livres plus utiles par l’idée qu’on s’en fait que par la connaissance qu’on en prend.
Ce qui fait d’un livre une œuvre d’art, c’est précisément tout ce qui empêche de le résumer en une formule, toute cette richesse, cette beauté secrète qui, bien souvent, contredit d’une certaine manière, serait-ce à l’insu de l’auteur lui-même, le mouvement visible de sa pensée.
Il faut toujours supposer que les pactes sont faits entre l’intelligence du poète et sa sensibilité et qu’il les ignore lui-même, qu’il en est le jouet. C’est plus intéressant et c’est plus profond.
Le livre en ta pensée entre, il défait en elle Les liens que l’erreur à la vérité mêle, car toute conscience est un nœud gordien. Il est ton médecin, ton guide, ton gardien. Ta haine, il la guérit ; ta démence, il te l’ôte.
L’œuvre de la nature est bien plus difficile à comprendre que le livre d’un poète.
Un livre vous déplaît : qui vous force à le lire ? Laissez mourir un fat dans son obscurité : Un auteur ne peut-il pourrir en sûreté ?
On dévore les livres, ou bien les livres vous dévorent. C’est une drogue effrayante et douce, un séduisant voyage.

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