La conscience n’est dans le chaos du monde qu’une petite lumière, précieuse mais fragile.
Écrivain, 1894-1961La conscience n’est dans le chaos du monde qu’une petite lumière, précieuse mais fragile.
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Ce n’est pas la folie qui est capable de bouleverser le monde, c’est la conscience.
Si la conscience n’est, comme l’a dit un penseur inhumain, qu’un éclair entre deux éternités de ténèbres, alors il n’y a rien de plus exécrable que l’existence.
Trop de lucidité dessèche ; en sorte qu’une conscience délicate ne va jamais sans quelque aveuglement, sans l’ingénuité du cœur et la crédulité de l’esprit. C’est cette conscience que l’ironie des esprits forts impitoyablement pourchasse et neutralise.
La conscience est timide, elle aime la retraite et la paix ; le monde et le bruit l’épouvantent : les préjugés dont on la fait naître sont ses plus cruelle ennemis, elle fuit ou se tait devant eux.
La vie, comme la conscience, est retirée et comme enfermée dans l’unité d’un individu d’où elle tend cependant à se diffuser et à se communiquer, comme si elle rayonnait.
Le mal de la grandeur, c’est quand du pouvoir elle sépare la conscience.
La conscience est conscience de part en part. Elle ne saurait donc être limitée que par elle-même.
On ne trouve guère un grand esprit qui n’ait un grain de folie.
Quand la conscience humaine frémit sous le coup de l’angoisse, elle produit des mouvements d’une magnifique témérité, capables de tout sacrifier pour sauver la suprême grandeur de l’existence.
Cette disposition à ne vivre qu’avec son propre cœur et ses illusions n’est autre chose qu’une crapule délicate.

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