Et de ma bouche où s’évapore
Le parfum des bonheurs derniers,
Et de mon cœur vibrant encore
S’élèvent de vagues pitiés…
Poète, 1858-1900Et de ma bouche où s’évapore
Le parfum des bonheurs derniers,
Et de mon cœur vibrant encore
S’élèvent de vagues pitiés…
Poète, 1858-1900Partager sur
Source vérifiée
Le Chariot d’or (1900), « Une douceur splendide et sombre »
Tout l’espace languit de fièvres. Du fond des cœurs mystérieux S’en viennent mourir sur les lèvres Des mots qui font fermer les yeux.Et de ma bouche où s’évapore Le parfum des bonheurs derniers, Et de mon cœur vibrant encore S’élèvent de vagues pitiésPour tous ceux-là qui, sur la terre, Par un tel soir tendant les bras, N’ont point dans leur cœur solitaire Un nom à sangloter tout bas.
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Le parfum de l’âme, c’est le souvenir. C’est la partie la plus délicate, la plus suave du cœur, qui se détache pour embrasser un autre cœur et le suivre partout. L’affection d’un absent n’est plus qu’un parfum, mais qu’il est doux.
L’excès de tristesse rit, l’excès de joie pleure.
L’amour, une faim qui faisait trembler mon corps fragile, une convoitise qui soudain, au milieu de mes rires, me serrait le cœur, m’étouffait, l’amour, l’amour, je veux aimer, je t’aime.
Ah ! Si du moins j’avais ressenti au cœur le battement, aux mains le froid annonciateur, dans tout le corps une célébration de l’angoisse.
Tout au fond de votre cœur, un germe de tendresse n’attend qu’un sourire chaleureux pour se développer.
Et la satiété, qui succède au désir, amène un tel dégoût quand le cœur se soulève, que je ne sais, au fond, si c’est peine ou plaisir.
J’ai dit ce que j’ai vu et ce que j’ai senti,
D’un cœur pour qui le vrai ne fut point trop hardi
Et j’ai eu cette ardeur, par l’amour intimée,
Pour être après la mort parfois encore aimée…
La personne aimée semble immobile, éternelle sous nos baisers, mais, dès que le temps aux joues gonflées de vent souffle dessus, l’amour s’enfuit dispersé ne laissant au cœur qu’un peu d’odeur et un chagrin inconsolable.
J’aimerais pouvoir repousser les pensées qui empoisonnent ma joie, et pourtant je prends un certain plaisir à m’offrir à elles.
Le bonheur est un parfum que l’on ne peut répandre sur autrui sans en faire rejaillir quelques gouttes sur soi-même.

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