Bien sûr, on ne choisit pas le lieu de sa naissance. Mais dans une certaine mesure, on peut choisir celui de sa mort.
ÉcrivainBien sûr, on ne choisit pas le lieu de sa naissance. Mais dans une certaine mesure, on peut choisir celui de sa mort.
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Kafka sur le rivage (2003)
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Peut-être qu’il est doux d’être mort. Il ne l’est pas assurément de mourir.
Dieu a sagement agi en plaçant la naissance avant la mort ; sans cela, que saurait-on de la vie ?
La mort, telle que nous la voyons, est, ainsi que la naissance, un mystère de la nature.
Celui qui, après sa mort, ne remarque aucune différence ne mérite pas d’être venu au monde.
L’intelligence du monde n’est pas dans la naissance, elle est dans la mort. On sait ce qui naît ; on ne sait où va ce qui meurt.
La mort n’est pas plus proche du vieillard que du nouveau-né ; la vie non plus.
Le fait qu’il soit mort ne prouve pas qu’il ait vécu.
La question n’est pas d’accepter de mourir, mais d’accepter d’être né, de dire oui à soi-même.
Si, autrefois, devant un mort, je me demandais : « À quoi cela lui a-t-il servi de naître ? », la même question, maintenant, je me la pose devant n’importe quel vivant.
La mort engloutit l’homme, elle n’engloutit pas son nom et sa réputation.

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