L’art de faire des vers, dût-on s’en indigner, - Doit être à plus haut prix que celui de régner. - Tous deux également nous portons des couronnes; - Mais, roi, je la reçus; poète, tu la donnes.
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- Je ne crois pas que Pollion soit fâché de mes contre-critiques; mais je crois que vous voyez tous deux combien l’art des vers et l’art de juger sont difficiles. Plus on connaît l’art, plus on en sent les épines.
- S’il est glorieux de faire des conquêtes, il ne l’est pas moins de les garder : l’un est souvent l’ouvrage du hasard, l’autre est un effet de l’art.
- Vous me permettrez donc de citer Horace. Ce poète, ou faiseur, dit quelque part : Omne tulit punctum, qui miscuit utile dulci; le mérite suprême est d’avoir réuni l’agréable à l’utile. La perfection consiste à concilier ces deux points.
- Les œuvres ne sont solides et fortes que si elles sont édifiées par une tête; mais, sublimes, elles ne le sont que par le cœur, et c’est tout un malheur s’il y a trop peu de tête et trop de cœur.
- Ecrire des drames, c’est tout de même ce qu’il y a de plus intéressant. Pareil à un petit dieu, on sonde les coeurs et les reins..., on juge..., on punit, on absout et on récompense.
- Peinture et poésie se font comme on fait l’amour : un échange de sang, une étreinte totale, sans aucune prudence, sans nulle protection. Le grand #saut à chaque fois.
- C’est la prose qui donne l’empire à une langue, parce qu’elle est tout usuelle : la poésie n’est qu’un objet de luxe.
- Il faut toujours supposer que les pactes sont faits entre l’intelligence du poète et sa sensibilité et qu’il les ignore lui-même, qu’il en est le jouet. C’est plus intéressant et c’est plus profond.
- La chair, même la chair de la femme, proclame - Le cul, le vit, le torse et l’oeil du fier Puceau; - Et c’est pourquoi, d’après le conseil à Rousseau - Il faut parfois poète, un peu «quitter la dame».
- Faisons l’amour. Nos deux cerveaux seront genoux. Femme, ouvre-toi, que je m’accroche à ton squelette. Mêlons nos chairs. Si mes poèmes sont jaloux, egorgeons-les; ce n’est pas moi qui les regrette.
- L’art d’en faire les couronnes - N’est pas su de toutes personnes; - Et trois ou quatre seulement - Au nombre desquels on me range, - Peuvent donner une louange - Qui demeure éternellement.
- Le poème vit aux dépens du poète. Ce que nous raconte l’œuvre, ce n’est pas le poète, c’est le poème. Non pas le poète qui écrit mais le langage qui ressuscite, qui projette, recrée et qui l’annule en tant qu’être humain. L’œuvre dissout le petit je.
- Il n’y a plus de beauté que dans la lutte. Pas de chef-d’uvre sans un caractère agressif. La poésie doit être un assaut violent contre les forces inconnues, pour les sommer de se coucher devant l’homme.
- J’ai toujours pensé que l’on ne saurait rendre trop hautement justice aux acteurs, eux dont l’art difficile s’unit à celui du poète dramatique, et complète son oeuvre.