Les ans, comme de grands boeufs noirs, foulent le monde. Dieu, leur gardien, les pousse de son aiguillon, et moi, leurs sabots m’ont meurtrie au passage.
Image : Les ans, comme de grands boeufs...

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- Les grands événements, les grands hasards, les grandes aventures, les grands hommes, dieu merci, on en assez vu, on en a par-dessus la tête.
- Et comment puis-je croire en Dieu alors que, la semaine dernière seulement, je me suis pris la langue dans le ruban d’une machine à écrire électrique ?
- Le malheur a été mon dieu. Je me suis allongé dans la boue. Je me suis séché à l’air du crime. Et j’ai joué de bons tours à la folie.
- J’ai plusieurs vies. Dans la meilleure, comète entre les crocs, je suis serpent. Et dans les autres, suivant l’heure. Fétiche en or, dieu qui se pend.
- Cette vie est un bouge et un mauvais lieu. J’ai honte que Dieu m’y voie.
- Tantôt j’étais un homme noir, et tantôt un ange de lumière. Je me suis vu dans la même année vanté, fêté, recherché, même à la cour, puis insulté, menacé, détesté, maudit.
- Avec l’aide du Ciel, j’ai conquis pour vous un immense empire. Mais ma vie a été trop courte pour réaliser la conquête du monde. Cette tâche vous est laissée.
- Le Moyen-Âge ne m’a retenu que parce qu’il avait le pouvoir quasi magique de me dépayser, de m’arracher aux troubles et aux médiocrités du présent et en même temps de me le rendre plus brûlant et plus clair.
- Le monde en ébullition est enfer perpétuel, guerre sempiternelle jamais achevée pour vivre dans cet état de genèse, temps des hommes tous guerriers et héros.
- Je suis l’Empire à la fin de la décadence, - Qui regarde passer les grands Barbares blancs - En composant des acrostiches indolents - D’un style d’or où la langueur du soleil danse.
- La vie est une immense tragédie, mon ami. L’auteur en est Dieu, les acteurs vous et moi. Le souffleur, hélas, s’appelle Satan.
- Ainsi va le monde, messieurs-Dames. Voilà, voilà, comment il tourne. Du sang, de la boue et des larmes. Argent, pouvoir, paquet d’embrouilles.
- Les jurons, les râles, le canon, tous les bruits de notre pauvre vie de bêtes, cela ne pouvait pas endurcir notre âme et flétrir sa tendresse infinie.
- Mon crime fut d’aimer, le votre est de haïr. Dieu créa les mortels pour s’aimer et s’unir.
- Dieu sait qu’ je n’ai pas le fond méchant, je ne souhait’ jamais la mort des gens; Mais si l’on ne mourait plus, j’crèv’rais d’faim sur mon talus... J’suis un pauvre fossoyeur.