Une année de plus… À quoi bon les compter ?
Écrivaine, 1873-1954Une année de plus… À quoi bon les compter ?
Écrivaine, 1873-1954Partager sur
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Les Vrilles de la vigne (1908), « Rêverie de nouvel an »
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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La vie passe bien plus vite que nous le pensons enfants.
Une heure après la mort, notre âme évanouie Sera ce qu’elle était une heure avant la vie.
Tout jardin est, d’abord l’apprentissage du temps, du temps qu’il fait, la pluie, le vent, le soleil, et le temps qui passe, le cycle des saisons.
Le temps est trop lent pour ceux qui attendent, trop rapide pour ceux qui ont peur, trop long pour les affligés, trop court pour ceux qui se réjouissent, mais pour ceux qui s’aiment, le temps c’est l’éternité.
Faites l’amour la nuit, le jour, en hiver, en été, c’est pour cela que nous sommes au monde.
Le passé n’est jamais mort. Ce n’est même pas passé. Nous travaillons tous dans des toiles tissées bien avant notre naissance, des toiles d’hérédité et d’environnement, de désir et de conséquence, d’histoire et d’éternité.
L’éternité vient dans le temps, l’immensité dans la mesure, le Créateur dans la créature, dieu dans l’homme, la vie dans la mort…
Votre vie n’est pas à vous, elle n’est pas votre bien, et celui qui vit dans l’instant comment pourrait-il déchiffrer la langue épineuse du temps ? La vie, la mort, la maladie sont de grands fauves, d’intrépides joueuses qui lancent leurs dés sans hésiter.
Le temps qui nous manque c’est toujours celui qu’on aurait voulu consacrer à ceux qu’on aime…
L’histoire géologique nous montre que la vie n’est qu’un court épisode entre deux éternités de mort, et que, dans cet épisode même, la pensée consciente n’a duré et ne durera qu’un moment.