L’amour et le travail ont la vertu de rendre un homme assez indifférent aux choses extérieures.
Romancier, 1799-1850 Image : Louis-Auguste Bisson, Domaine public, Wikimedia Commons L’amour et le travail ont la vertu de rendre un homme assez indifférent aux choses extérieures.
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Une double famille (1830)
… Aussi, depuis le mois d’avril, époque à laquelle ils s’étaient mariés, jusqu’au commencement de l’hiver, les deux époux vécurent-ils dans une parfaite union.L’amour et le travail ont la vertu de rendre un homme assez indifférent aux choses extérieures.Obligé de passer au Palais la moitié de la journée, appelé à débattre les graves intérêts de la vie ou de la fortune des hommes, Granville put moins qu’un autre apercevoir certaines choses dans l’intérieur de son ménage. …
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C’est la raison qui engendre l’amour-propre, et c’est la réflexion qui le fortifie ; c’est elle qui replie l’homme sur lui-même.
L’homme peut aimer son semblable jusqu’à mourir ; il ne l’aime pas jusqu’à travailler pour lui.
Les hommes ne sont pas faits pour s’aimer – malgré le mot d’ordre bien connu. Alors il faut qu’ils s’aident à survivre sans l’amour.
Partout où l’homme apporte son travail, il laisse aussi quelque chose de son cœur.
Le travail : une malédiction que l’homme a transformée en volupté. Œuvrer de toutes ses forces pour le seul amour du travail, tirer de la joie d’un effort qui ne mène qu’à des accomplissements sans valeur, estimer qu’on ne peut se réaliser autrement que par le labeur incessant — voilà une chose révoltante et incompréhensible.
Sans doute l’homme ne mérite-t-il d’être intégralement ni un objet d’amour ni un objet de haine pour l’homme. Bien connaître quelqu’un, c’est l’avoir tour à tour aimé et haï. Aimer et haïr, ce n’est qu’éprouver avec passion l’être d’un être.
Les hommes sont trop occupés d’eux-mêmes pour avoir le loisir de pénétrer ou de discerner les autres : de là vient qu’avec un grand mérite et une plus grande modestie l’on peut être longtemps ignoré.
C’est une étrange prétention des hommes de vouloir que l’amour conduise quelque part.
L’homme ordinaire ne se préoccupe que de passer le temps, l’homme de talent que de l’employer.
Il faudrait pouvoir unir les contraires, l’amour de la vertu avec l’indifférence pour l’opinion publique, le goût du travail avec l’indifférence pour la gloire, et le soin de sa santé avec l’indifférence pour la vie.

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