L’homme peut aimer son semblable jusqu’à mourir ; il ne l’aime pas jusqu’à travailler pour lui.
1809-1865L’homme peut aimer son semblable jusqu’à mourir ; il ne l’aime pas jusqu’à travailler pour lui.
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Source secondaire
Philosophie de la misère (1846), tome 1, chapitre V, § I, p. 187
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Un homme peut se résoudre à l’idée de perdre sa vie, mais pas à l’absence de ceux qu’il aime.
L’amour ne nous sauve même pas de nous-mêmes… Voilà pourquoi l’homme est mortel…
Le travail : une malédiction que l’homme a transformée en volupté. Œuvrer de toutes ses forces pour le seul amour du travail, tirer de la joie d’un effort qui ne mène qu’à des accomplissements sans valeur, estimer qu’on ne peut se réaliser autrement que par le labeur incessant — voilà une chose révoltante et incompréhensible.
L’amour et le travail ont la vertu de rendre un homme assez indifférent aux choses extérieures.
Un homme n’est pas coupable d’aimer la femme d’autrui, s’il tient cette passion malheureuse asservie à la loi du devoir ; il est coupable d’aimer sa propre femme au point d’immoler tout à son amour.
À trop l’aimer, l’homme détruit souvent l’objet de son amour.
Les hommes se lassent d’aimer, mais ne se lassent pas de se haïr.
Tant que l’homme conserve son égoïté, il ne peut aimer Dieu.
Sans doute l’homme ne mérite-t-il d’être intégralement ni un objet d’amour ni un objet de haine pour l’homme. Bien connaître quelqu’un, c’est l’avoir tour à tour aimé et haï. Aimer et haïr, ce n’est qu’éprouver avec passion l’être d’un être.
Qu’est-ce que c’est, aimer un homme d’amour ? C’est l’aimer malgré soi, malgré lui, envers et contre tout. C’est l’aimer d’une façon qui ne dépend plus de personne.

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