Il y a l’amour bien sûr. Et puis il y a la vie, son ennemie.
Écrivain, 1910-1987Il y a l’amour bien sûr. Et puis il y a la vie, son ennemie.
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Pièces grinçantes
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Notre amour c’est l’amour de la vie, le mépris de la mort.
Et quel plus grand amour y a-t-il que de donner sa vie pour ses ennemis ?
Au terme du véritable amour, il y a la mort, et seul l’amour au terme duquel il y a la mort est l’amour.
Seul l’amour éteint la haine, seul l’amour vainc jusqu’au bout l’injustice. Seul l’amour fait place à l’autre. Seul l’amour est la voie de la pleine communion entre nous.
La loi de l’amour gouverne le monde. La vie persiste face à la mort. L’univers subsiste malgré des destructions continuelles. La vérité triomphe du mensonge. L’amour l’emporte sur la haine.
L’amour ça tue, la haine ça maintient en vie.
Or l’amour, c’est cela : la vie secrète, la vie séparée et sacrée, la vie à l’écart de la société.
Aimer, c’est vivre et mourir d’un pari infernal que l’on fait sur ce qui se passe dans l’âme de l’autre.
Là où l’amour règne, il n’y a pas volonté de puissance et là où domine la puissance, manque l’amour. L’un est l’ombre de l’autre.
L’unique sortilège contre la mort, la vieillesse, la vie routinière, n’est-il pas l’amour ?

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