Il vaut mieux, quand on craint ces malheurs éclatants,
En mourir tout d’un coup, que traîner si longtemps.
Dramaturge · 1622-1673 Image : Pierre Mignard I · Domaine public · Wikimedia Commons Il vaut mieux, quand on craint ces malheurs éclatants,
En mourir tout d’un coup, que traîner si longtemps.
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Source vérifiée
Mélicerte (1666), acte I, scène 6, Tyrène
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
Les ressources suprêmes sortent des résolutions extrêmes. S’embarquer dans la mort, c’est parfois le moyen d’échapper au naufrage ; et le couvercle du cercueil devient une planche de salut.
Il y a ceux qui ont peur de la vie et ceux qui ont peur de la mort. En fait ce sont les mêmes…
Aimons jusqu’au trépas,
La raison nous y convie.
Hélas ! si l’on n’aimait pas,
Que serait-ce de la vie ?
Ah ! perdons plutôt le jour,
Que de perdre notre amour.
Quand l’amour est bien fort, rien ne peut l’arrêter ;
Ses projets seulement vont à se contenter,
Et pourvu qu’il arrive au but qu’il se propose,
Il croit que tout le reste après est peu de chose.
Quand on aime les gens, on les traite autrement ;
On fait de leur personne un meilleur jugement.
L’amour aime surtout les secrètes faveurs ;
Dans l’obstacle qu’on force il trouve des douceurs.
Un cœur tendre est aimable, et le nom de cruelle
N’est pas un nom à se faire estimer :
Dans le temps où l’on est belle,
Rien n’est si beau que d’aimer.
Plus on aime quelqu’un, moins il faut qu’on le flatte ;
À ne rien pardonner le pur amour éclate.
On ne peut juger de la vie par une plus fausse règle que la mort.
La mort, c’est le repos pour notre sensibilité, qui ne peut plus imprimer en nous les objets du dehors.

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