Le touriste ne croit aux choses qu’après les avoir transformées en clichés.
PhilosopheLe touriste ne croit aux choses qu’après les avoir transformées en clichés.
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Source secondaire
Les Voleurs de beauté (1997), p. 23
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L’homme s’est forgé des mythes géniaux pour pouvoir croire en son esprit.
Les vrais philosophes passent leur vie à ne point croire ce qu’ils voient, et à tâcher de deviner ce qu’ils ne voient point.
Il eut une révélation soudaine. Il comprit tout à coup le caractère fastidieux de la vie où tout sentier représente l’imprévu et dont une part importante se passe à surveiller ses pas.
Passer de l’opinion à la perception, de l’imagination au fait, de l’illusion à la réalité, de ce qui n’est pas à ce qui est, voilà le cheminement.
À l’exception des commerçants, les gens qui voyagent sont des inquiets qui ne savent pas rester seuls avec eux-mêmes : ils vont chercher au loin des images neuves qu’ils offrent à leurs yeux, mais leur cœur reste vide.
Le chemin du rêve n’est accessible qu’à un tout petit nombre de voyageurs initiés…
Il n’y a d’homme complet que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie.
Mieux vaut profiter des expériences faites par d’autres que de les faire soi-même. Mieux vaut croire que voir.
C’est là que le tourisme a commencé ! Dès que l’on sut le monde-boule. Alors le « Tourisme » serait l’appellation générale d’une mauvaise attitude exotique. De même qu’une partie du vocabulaire de voyage.
Chez l’homme, le Beau n’est qu’une flatteuse exception, une chimère à laquelle il s’efforce de croire.

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