Le suicide est un délit qui semble ne pouvoir être soumis à aucune peine proprement dite ; car cette peine ne pourrait tomber que sur un corps insensible et sans vie.
1738-1794Le suicide est un délit qui semble ne pouvoir être soumis à aucune peine proprement dite ; car cette peine ne pourrait tomber que sur un corps insensible et sans vie.
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Des délits et des peines par Beccaria
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Le suicide, c’est un acte, l’acte de ceux qui n’ont pu en accomplir d’autres.
Le suicide n’est pas un acte. On est saisi par le suicide comme par un vertige, on subit le suicide.
Ce n’est pas que le suicide soit toujours de la folie. On dit qu’il y a des occasions où un sage peut prendre ce parti ; mais, en général, ce n’est pas dans un accès de raison qu’on se tue.
La mort en soi est quelque chose de fatal, de totalement obscène à tous points de vue, et elle est aussi la solution de l’impossible dans certaines circonstances.
Se suicider constitue la pire des ingratitudes. Se suicider, c’est se reconnaître incapable d’assumer le cadeau de la vie.
Le suicide est un bris de prison.
La peine de mort est une peine immorale, ou du moins inutile, parce qu’elle habitue le peuple au spectacle des supplices, et parce qu’elle ne répare rien ; car malheureusement la mort du meurtrier ne rend point la vie à la victime.
Le suicide, cette mystérieuse voie de fait sur l’inconnu.
Le suicide est l’acte désespéré d’un être qui ne fait plus confiance ni aux médecins, ni à la guerre, ni aux transports, ni à la nature.
Le suicide n’est ni une question de lâcheté ni une question de courage. Ce n’est même pas une question. Ce n’est même pas un problème. C’est un acte. Naître c’est se suicider. Nous nous suicidons tous.

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