Le suicide, c’est un acte, l’acte de ceux qui n’ont pu en accomplir d’autres.
1893-1945Le suicide, c’est un acte, l’acte de ceux qui n’ont pu en accomplir d’autres.
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Source vérifiée
Le feu follet ; Adieu a Gonzague
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Le suicide est l’acte désespéré d’un être qui ne fait plus confiance ni aux médecins, ni à la guerre, ni aux transports, ni à la nature.
Se suicider constitue la pire des ingratitudes. Se suicider, c’est se reconnaître incapable d’assumer le cadeau de la vie.
Le suicide n’est pas un acte. On est saisi par le suicide comme par un vertige, on subit le suicide.
Le suicide est un délit qui semble ne pouvoir être soumis à aucune peine proprement dite ; car cette peine ne pourrait tomber que sur un corps insensible et sans vie.
Le suicide, cette mystérieuse voie de fait sur l’inconnu.
Ce n’est pas que le suicide soit toujours de la folie. On dit qu’il y a des occasions où un sage peut prendre ce parti ; mais, en général, ce n’est pas dans un accès de raison qu’on se tue.
La plupart des gens qui se suicident n’ont aucune raison de se suicider sauf la leur. Et on n’est pas dans leur cerveau, donc on ne peut pas intervenir… C’est le mystère de l’autre. Quand on se suicide, c’est qu’on ne peut pas faire autrement, on n’a aucune possibilité de faire autrement.
Le suicide comme la folie ne sont peut-être que d’habiles tours de passe-passe destinés à conjurer l’angoisse du vide.
Le suicide n’est ni une question de lâcheté ni une question de courage. Ce n’est même pas une question. Ce n’est même pas un problème. C’est un acte. Naître c’est se suicider. Nous nous suicidons tous.
Le suicide, mais c’est la force de ceux qui n’en ont plus, c’est l’espoir de ceux qui ne croient plus, c’est le sublime courage des vaincus.

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