Refuser ce qu’on donne est bon à faire aux fous.
Dramaturge · 1622-1673 Image : Pierre Mignard I · Domaine public · Wikimedia Commons Refuser ce qu’on donne est bon à faire aux fous.
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Source vérifiée
Le Dépit amoureux (1656), acte I, scène 2, Gros-René
Pauvre honteuse, prends, sans davantage attendre:Refuser ce qu’on donne est bon à faire aux fous.
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
Se payer la tête des imbéciles est le seul luxe qui n’exige pas de fortune personnelle.
Ce sont des douceurs exquises que des louanges éclairées.
Si j’aimais quelqu’un, je n’aurais point de plus grand plaisir que de le voir aimé de tout le monde.
À d’aimables penchants notre cœur nous dispose ;
Mais on a des tyrans à qui l’on doit le jour.
Que soupirer d’amour
Est une douce chose,
Quand rien à nos vœux ne s’oppose !
Souvent d’un faux espoir un amant est nourri :
Le mieux reçu toujours n’est pas le plus chéri ;
Et tout ce que d’ardeur font paraître les femmes
Parfois n’est qu’un beau voile à couvrir d’autres flammes.
Laissons raisonner les sots
Sur le vrai bonheur de la vie ;
Notre philosophie
Le met parmi les pots.
Lorsqu’on est une fois résolu sur la chose, s’arrête-t-on sur le temps ?
Apprenez qu’en effet
Le cocuage n’est que ce que l’on le fait ;
Qu’on peut le souhaiter pour de certaines causes,
Et qu’il a ses plaisirs comme les autres choses.
L’on ne tarde guère à profiter du chagrin et de la colère que donne à l’esprit d’une femme la contrainte et la servitude.

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