La plus véritable marque d’être né avec de grandes qualités, c’est d’être né sans envie.
Écrivain, 1613-1680 Image : Théodore Chassériau, Domaine public, Wikimedia Commons La plus véritable marque d’être né avec de grandes qualités, c’est d’être né sans envie.
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Réflexions ou sentences et maximes morales (1678), maxime 433
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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On ne naît pas mâle, on le devient. La virilité non plus n’est pas donnée au départ.
On ne naît pas en naissant. On naît quelques années plus tard, quand on prend conscience d’être.
Sauf la naissance, tout le reste peut s’acquérir par le talent, le savoir, l’intelligence, le génie.
La méchanceté est un don reçu en naissant. Il ne s’acquiert pas. Ceux d’entre nous qui ne sont pas venus au monde, armés d’ergots et de crocs, partent perdants dans tous les combats.
Nous sommes les générations arrogantes qui sont persuadées qu’un bonheur durable leur a été promis à la naissance – promis ? Mais par qui donc ?
En chaque enfant, on l’ignore trop, naît et se développe le projet intuitif d’être considéré comme une (grande) personne. Aussi attend-il qu’on ait à son égard le comportement et le respect que l’on a vis-à-vis d’un adulte. Il a raison.
La passion est sourde et muette de naissance.
L’homme jeté dans la vie sans parents nait dans le monde sans place précise. Qui recevra ses premières caresses ?
Tout homme est né deux fois : la première quand il naît à la vie, la seconde quand il tombe amoureux d’un but.
Rien n’empêche tant d’être naturel que l’envie de le paraître.

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