L’homme jeté dans la vie sans parents nait dans le monde sans place précise. Qui recevra ses premières caresses ?
Source : Remarques et pensées (1901)
Source indiquée, pas encore vérifiée sur le texte original. Comment nous vérifions
L’homme jeté dans la vie sans parents nait dans le monde sans place précise. Qui recevra ses premières caresses ?
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Homme sans éducation, corps sans âme.
L’entrejambe d’une femme, l’alpha et l’oméga de l’homme : il naît de là, et toute sa vie y retourne.
Le sort de chaque homme est décidé avant lui-même qu’il n’ait vu la lumière de la vie. Bonheur et malheur lui sont prédestinés avant sa naissance.
Quel est l’homme qui ne meurt pas insolvable envers son père ? Il lui doit la vie, et ne peut la lui rendre. La terre fait constamment faillite au soleil ! La vie, madame, est un emprunt perpétuel ! Et n’emprunte pas qui veut !
L’homme n’est pas une chose mais un être vivant, pris dans un processus continuel de développement. À chaque point de sa vie, il n’est pas encore ce qu’il peut être et que peut-être il sera.
Seuls la mort et le sommeil innocentent les hommes. La naissance fait de nous des païens, et la vie des carnassiers ou des puceaux.
L’homme est né pour vivre et non pour se préparer à vivre.
Il nous faut naître deux fois pour vivre un peu, ne serait-ce qu’un peu. Il nous faut naître par la chair et ensuite par l’âme. Les deux naissances sont comme un arrachement. La première jette le corps dans le monde, la seconde balance l’âme jusqu’au ciel.
Le plus grand homme n’est qu’un enfant que la vie a trompé.
Quand l’homme est, ou se reconnaît trop faible pour accomplir ses désirs et satisfaire son orgueil, il les reporte, enfant, sur ses parents, homme vaincu par la vie, sur ses enfants à son tour.

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