Nous sommes les générations arrogantes qui sont persuadées qu’un bonheur durable leur a été promis à la naissance – promis ? Mais par qui donc ?
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Le bonheur n’est jamais immobile ; il naît, il se transforme, il meurt et renaît. C’est une erreur de croire qu’on le possède en sûreté ; il va, vient, et surtout n’a point de gîte assuré.
Il paraît qu’on n’a pas toujours, ici-bas, le bonheur qu’on mérite, mais celui qui nous ressemble.
Les peuples se réveillent, ils veulent savoir qui ils sont. Ils se disent : le bonheur c’est peut-être d’être soi-même.
Le bonheur, cet objet de nos désirs, mais qui fuit et repousse la grandeur et les richesses, serait-il donc obscurément attaché à la médiocrité en tout genre ?
Que l’homme est né pour le bonheur, certes toute la nature l’enseigne.
Il y a toujours dans le bonheur, même des meilleures gens, un peu d’insolence aimable qui défie les autres d’en faire autant.
Le bonheur impliquait un choix et à l’intérieur de ce choix, une volonté concertée, et lucide.
Les jeunes gens ne sont-ils pas tous disposés à se fier aux promesses d’un joli visage, à conclure de la beauté de l’âme par celle des traits ? un sentiment indéfinissable les porte à croire que la perfection morale concorde toujours à la perfection physique.
Malheureuse contrée, où les marques de génération sont ignominieuses, et où celles d’anéantissement sont honorables, comme s’il y avait quelque chose de plus glorieux que de donner la vie.
Le bonheur est tributaire du passé, car il ne se mesure qu’en fonction de ce que l’être humain a vécu.

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