Elle pleuvait, sa vie, devant ses yeux, spectacle tranquille.
ÉcrivainElle pleuvait, sa vie, devant ses yeux, spectacle tranquille.
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Soie
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Au fond de son âme, cependant, elle attendait un événement. Comme les matelots en détresse, elle promenait sur la solitude de sa vie des yeux désespérés, cherchant au loin quelque voile blanche dans les brumes de l’horizon.
La pluie pousse à ruminer ses pensées. On ne regarde pas les autres lorsqu’il pleut ; on marche tête baissée, le regard fixé sur les flaques agitées.
Son Dieu à elle se cachait dans les arbres, dans les herbes, dans le soleil et dans la pluie.
Œil humide, bras morts, tout respirait en elle Les langueurs de l’amour, et la rendait plus belle.
Et ses yeux n’ont pas vu, présage de son sort,
Auprès d’elle, effeuillant sur l’eau sombre des roses,
Les deux Enfants divins, le Désir et la Mort.
Ecoute ce silence, dit Marguerite, tandis que le sable bruissait légèrement sous ses pieds nus, écoute, et jouis de ce que tu n’as jamais eu de ta vie le calme.
La femme a plus de sagesse qu’une oie ; quand il pleut, elle se met au sec sous un toit.
La mort est derrière la pluie. Derrière la pluie, plus jamais de pluie. Après l’enfer, la vie.
Je m’élance sous la pluie, pieds nus. J’ai besoin de son amour. De son honnêteté. Sa veste n’était qu’une protection superficielle. Elle est complètement trempée de toute façon.
Ce qu’elle aurait aimé, dans cette solitude qui en augurait une autre, c’est d’entendre la mer. Entendre la mer sans la voir et lui accorder le pouvoir de porter en elle le souffle de tous ceux qu’elle aimait sans le leur dire jamais.

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