Les photos conservées de mon enfance le prouvent : nous formions une famille heureuse. Plus tard, mais très vite, le destin s’est ingénié à brouiller des pistes qui semblaient si bien tracées, au point de ne rien laisser de cette joie de vivre.
Image : Les photos conservées de mon enfance...

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- Dans une famille on a beau avoir vécu les mêmes choses, on n’a pas les mêmes souvenirs.
- Je crois qu’on trouverait dans certaines conditions d’existence, dans certains rapports avec la famille surtout, la raison d’être de beaucoup d’oeuvres et aussi la cause qui en a détruit dans le germe un bon nombre.
- A ce qu’il paraît, c’est le genre de fantaisie qui prend les pères de famille de temps à autre. Mais la plupart se croisent les bras en attendant simplement que ça leur passe.
- La famille est le refuge, la perpétuation et la consécration de cette conscience crépusculaire de l’enfance.
- Que l’on ait quinze ans, vingt ans, quarante ans, soixante-quinze ans, c’était toujours la même histoire : cette putain de maladie d’amour qui dévastait tout sur son passage, ces moments de bonheur si fugaces qui exigeaient un prix exorbitant à payer...
- C’est vrai il y a eu une génération où le voyage faisait partie d’une réelle initiation à la vie, le passage de l’adolescence à la vie d’homme. Mais pour nous, rien. Ah si, j’oubliais : la première capote. Ca a été notre initiation à nous.
- Mon adolescence d’abord, puis ma jeunesse ont pris à marcher des plaisirs dont je n’ai qu’à chercher, dans ma mémoire, l’image fraîche encore, pour me sentir de nouveau jeune et prêt à partir.
- L’enfance : Cette heureuse et brève période de l’existence où l’on a tout juste assez de conscience pour savourer la joie d’être et d’inconscience pour ignorer les difficultés de la vie.
- Le destin me sourit mais sans me rendre le moins heureux.
- Tout être au plein de sa vie s’amuse à concevoir l’idée d’un tableau qui rassemblerait son expérience. Nous avons tant mémorisé sentiments, impressions, passions, étonnements, colères, rencontres, que nous souhaiterions parfois rapprocher les pièces du puzzle. Georges Perec s’y est essayé - a réussi - dans La Vie mode d’emploi.
- Est-il possible que chaque instant porte de nouveau en germe mon rêve d’amour éternel ? Comment recouvrer une certitude d’enfant qu’on a un jour perdue ?
- Ainsi que le premier homme, l’heureuse enfance trouve un paradis au seuil de la vie.
- Combien de larmes, de souffrances, de drames ont causé notre artificielle conception de la famille et du mariage !
- D’où tenons-nous cette notion du bonheur ? Si elle réside dans la mémoire, c’est que nous avons été heureux autrefois.