La pensée voyage à la vitesse du désir.
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Toute forme de hâte, même vers le bien, traduit quelque dérangement mental.
Que devient la vertu, pendant ces délicieux voyages où la pensée a franchi tous les obstacles ?
Une pensée est une idée de passage.
La stupeur convient au désir. Le désir ne peut naître qu’en s’en délivrant peu à peu, et non point en en étant délivré.
La pensée est difficile à contenir, légère, courant où il lui plaît. La dompter est chose salutaire ; domptée, elle procure le bonheur.
Le désir est souvent un manque de mémoire.
La volonté peut et doit être un sujet d’orgueil bien plus que le talent. Si le talent a son germe dans une prédisposition cultivée, le vouloir est une conquête faite à tout moment sur les instincts, sur les goûts domptés, refoulés, sur les fantaisies et les entraves vaincues, sur les difficultés de tout genre héroïquement surmontées.
Entre les désirs et leurs réalisations s’écoule toute la vie humaine.
Ce qui est intéressant, avec la vieillesse, c’est que le désir s’ajuste miraculeusement aux moyens.
Tout ce qui fait travailler et s’agiter l’homme utilise l’espoir. La seule pensée qui ne soit mensongère est donc une pensée stérile. Dans le monde absurde, la valeur d’une notion ou d’une vie se mesure à son infécondité.

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