Je n’ai pas subi la misère, je l’ai épousée par amour, ayant pu choisir une autre compagne.
Écrivain, 1846-1917Je n’ai pas subi la misère, je l’ai épousée par amour, ayant pu choisir une autre compagne.
Écrivain, 1846-1917Partager sur
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L'Oeuvre complète (1846-1917)
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Si je m’étais marié, c’est Victoire que j’aurais épousée ! J’ai beaucoup d’amour en moi et on me le rend bien.
Le fait est que j’ai épousé une femme très belle. Quel culot ! De quel droit ?
Je ne voulais pas me marier parce que le mariage c’est pour toute la vie, et que toute la vie, pour t’aimer, me semblait un peu court.
Je l’ai épousé parce qu’il m’aimait et qu’auprès de lui je me sentais en sécurité. Auprès de lui j’avais moins peur.
Si le mariage était une folie comme l’amour, je le hasarderais plus volontiers.
Il n’y a qu’une seule façon d’avoir un mariage heureux et dès que j’apprendrai ce que c’est, je me marierai à nouveau.
L’amour ne laisse pas de pâtir des lâchetés qu’il suggère. Sa seule chance de persister dans le mariage est que l’on soit l’un envers l’autre comme si on ne s’aimait pas.
Mais enfin quoi ? J’étais une femme qui avait aimé un homme. C’était une histoire simple ; il n’y avait pas de quoi faire des grimaces.
Comme il m’est difficile de garder assez d’amour en moi pour ne pas m’effrayer de cette nouvelle femme qui émerge de la femme tant aimée devenue d’autant plus méconnaissable que tout d’elle est encore là mais sans elle !
L’amour que je lui portais avait autant d’évidence que le fait indubitable de ma propre existence.

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