Ce n’est pas aimer que d’aimer pour quelques jours : l’amour qui ne s’accroît pas de jour en jour est une passion misérable.
Romancier, 1799-1850 Image : Louis-Auguste Bisson, Domaine public, Wikimedia Commons Ce n’est pas aimer que d’aimer pour quelques jours : l’amour qui ne s’accroît pas de jour en jour est une passion misérable.
Romancier, 1799-1850 Image : Louis-Auguste Bisson, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
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Béatrix (1839), Première partie
… J’aimais Camille sans espoir et vous ne me donnez aucune espérance: rien n’est changé que la divinité. J’étais idolâtre, je suis chrétien, voilà tout. Seulement, vous m’avez appris qu’aimer est le premier de tous les bonheurs, être aimé ne vient qu’après. Selon Camille,ce n’est pas aimer que d’aimer pour quelques jours: l’amour qui ne s’accroît pas de jour en jour est une passion misérable; pour s’accroître, il doit ne pas voir sa fin, et elle apercevait le coucher de notre soleil. À votre aspect, j’ai compris ces discours que je combattais de toute ma jeunesse, de toute la fougue de mes désirs, avec l’austérité despotique de mes vingt ans. …
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Mais l’amour, c’est autre chose. L’amour ne laisse aucun répit. L’amour est insomniaque. L’amour est une démultiplication. L’amour est rapide. L’amour, c’est demain. L’amour est un tsunami. L’amour est rouge sang.
L’amour est de tous les instants ou n’est pas. Une minute de dispersion et tout le charme est rompu.
L’amour est assommant quand on n’aime plus. Tout ce temps perdu.
Ce qui rend malheureux en amour, c’est moins de ne pas être aimé quand on aime, que d’être encore aimé quand on n’aime plus.
Aimer c’est souffrir et il ne peut y avoir d’amour autrement.
L’amour est un caprice dont la durée ne dépend pas de nous, et qui est sujet au dégoût comme au repentir.
Plaisir d’amour ne dure qu’un moment, chagrin d’amour dure toute la vie.
L’amour, c’est quand on n’obtient pas tout de suite ce qu’on désire.
Tous les jours de la vie, nous avons à choisir : ou la souffrance d’aimer, ou cette autre, bien pire : celle de ne pas aimer.
L’amour est un abcès qui, à le nourrir, s’avive et s’envenime ; c’est une frénésie que chaque jour accroît, et le mal s’aggrave si de nouvelles blessures ne font pas diversion à la première, si tu ne te confies pas encore sanglant aux soins de la Vénus vagabonde et n’imprimes pas un nouveau cours aux transports de ta passion.

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