En morale, on périt par des crimes, et, en politique, par des fautes.
Écrivain, 1753-1801En morale, on périt par des crimes, et, en politique, par des fautes.
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Écrits et pamphlets de Rivarol
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En politique toute faute est un crime.
On se cache et l’on ment. N’ayant pu prévenir le vice, nous voici déjà dans le cas de le punir : voilà les misères de la vie humaine, qui commencent avec ses erreurs.
Mieux vaut se tromper en agissant que de refuser d’agir. La stagnation est pire que la mort, elle est aussi corruption.
Nous sommes condamnés par une morale surannée à passer de l’état naturel directement, à l’état d’imbécillité passive, fonctionnante, et d’humiliation abjecte.
La morale n’est qu’une science frivole si l’on ne la confond avec la politique et la législation.
En politique, on succède à des imbéciles et on est remplacé par des incapables.
Dans l’univers du révolté, la mort exalte l’injustice. Elle est le suprême abus.
À force d’être juste, on est souvent coupable.
Révolution ? Oui ! Mais entendez bien : il n’y a de vraie révolution que morale. Tout le reste est misère, sang gaspillé, larmes vaines.
La politique est une activité tragique, c’est à dire insoluble.

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