Il y a des moments de la vie où une sorte de beauté naît de la multiplicité des ennuis qui nous assaillent…
Écrivain, 1871-1922 Image : Otto Wegener, Domaine public, Wikimedia Commons Il y a des moments de la vie où une sorte de beauté naît de la multiplicité des ennuis qui nous assaillent…
Écrivain, 1871-1922 Image : Otto Wegener, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Albertine disparue (1925), chapitre I
… Les parents de la petite fille que j’avais amenée une heure chez moi avaient voulu déposer contre moi une plainte en détournement de mineure.Il y a des moments de la vie où une sorte de beauté naît de la multiplicité des ennuis qui nous assaillent, entrecroisés comme des leitmotive wagnériens, de la notion aussi, émergente alors, que les événements ne sont pas situés dans l’ensemble des reflets peints dans le pauvre petit miroir que porte devant elle l’intelligence et qu’elle appelle l’avenir, qu’ils sont en dehors et surgissent aussi brusquement que quelqu’un qui vient constater un flagrant délit. Déjà, laissé à lui-même, un événement se modifie, soit que l’échec nous l’amplifie ou que la satisfaction le réduise. Mais il est rarement …
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
Une erreur ? Proposer une correctionSignaler
La vie, parfois, est belle, mais que de fois cherche-t-elle à nous écraser.
La vie, on sait bien ce que c’est : un amalgame saugrenu de moments merveilleux et d’emmerdements.
Il y a des moments dans la vie où tout bascule, quelle chance d’être son propre contrepoids.
Partout dans la vie, il se présentera à un moment donné une manifestation de beauté qui éveillera chez l’homme un sentiment jamais vécu jusqu’alors.
Un beau désordre est un effet de l’art.
La beauté du monde, qui est si fragile, a deux arêtes, l’une de rire, l’autre d’angoisse, coupant le cœur en deux.
D’où viennent ces influences mystérieuses qui changent en découragement notre bonheur et notre confiance en détresse ?
Combien de dépressions, de sociopathies, de vacuités existentielles se cachent derrière les déguisements du bonheur photogénique ?
Passé le coup de foudre et l’ivresse des débuts, une autre réalité s’installe. Les élans sont moins fougueux, les ébats s’espacent et perdent de leur passion. Les défauts de l’être aimé nous apparaissent, les manies que tantôt nous trouvions charmantes nous portent progressivement sur les nerfs…
Il faut toujours poser ses problèmes loin, parce qu’on les regarde différemment. On voit ce qu’il y a derrière. Quand on les a sous le nez, on ne voit plus rien. On ne voit plus la beauté, le bonheur qui demeurent malgré tout, tout autour.

Téléchargez-la gratuitement pour la partager sur Instagram, WhatsApp ou Pinterest, en gardant le nom de l’auteur.