Le moindre entretien de la beauté qu’on aime,
Lorsqu’il est défendu, devient grâce suprême.
Dramaturge · 1622-1673 Image : Pierre Mignard I · Domaine public · Wikimedia Commons Le moindre entretien de la beauté qu’on aime,
Lorsqu’il est défendu, devient grâce suprême.
Dramaturge · 1622-1673 Image : Pierre Mignard I · Domaine public · Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Les Fâcheux (1661), acte III, scène 1, Éraste
… Orphise toutefois, malgré son désaveu, Daigne accorder ce soir une grâce à mon feu; Et j’ai fait consentir l’esprit de cette belle À souffrir qu’en secret je la visse chez elle. L’amour aime surtout les secrètes faveurs; Dans l’obstacle qu’on force il trouve des douceurs; Etle moindre entretien de la beauté qu’on aime, Lorsqu’il est défendu, devient grâce suprême.Je vais au rendez-vous: c’en est l’heure à peu près; Puis je veux m’y trouver plutôt avant qu’après. La montagne. Suivrai-je vos pas? Éraste. Non: je craindrois que peut-être À quelques yeux suspects tu me fisses connoître. La montagne. Mais... Éraste. Je ne le veux pas. …
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
L’amour est fort comme la mort », cela veut dire précisément que le sens du sexe excède l’immortalité de l’espèce qui est la mort de l’individu ; le sens suprême de l’amour n’est pas la naissance des mortels, mais la résurrection des morts.
Cet homme donc, comme tous ceux qui désirent, désire ce qui n’est pas actuel ni présent ; ce qu’on n’a pas, ce qu’on n’est pas, ce dont on manque, voilà les objets du désir et de l’amour.
Il est beau qu’une femme soit insensible, et conserve son cœur exempt des flammes de l’amour ; mais ce qui est vertu en elle, devient un crime dans un homme.
L’amant qui se dégage
N’est pas le malheur ;
La douleur
Et la rage,
C’est que le volage
Garde notre cœur.
On disputera fort et ferme de part et d’autre, comme nous avons fait, sans que personne se rende ; un petit laquais viendra dire qu’on a servi, on se lèvera, et chacun ira souper.
Quoi qu’on en puisse dire, les galants n’obsèdent jamais que quand on le veut bien. Il y a un certain air doucereux qui les attire, ainsi que le miel fait les mouches.
Dans l’amoureux empire
Le mal n’est pas si grand que l’on le fait ;
Et lorsqu’on aime, et que le cœur soupire,
Son propre mal souvent le satisfait.
Jamais on ne s’était si fort déchaîné contre le théâtre.
Aimons, c’est le vrai moyen
De savoir ce qu’on en doit croire.
Le tonnerre et la pluie ont promptement passé,
Et n’ont point de ces lieux le beau monde chassé.
Plût au ciel, dans les dons que ses soins y prodiguent,
Qu’ils en eussent chassé tous les gens qui fatiguent !

Téléchargez-la gratuitement pour la partager sur Instagram, WhatsApp ou Pinterest, en gardant le nom de l’auteur.