Dans mes jours d’angoisse et d’injustice, j’étais jalouse de tous les biens que tu pouvais et que tu devais me préférer.
Écrivain, 1804-1876 Image : Auguste Charpentier, Domaine public, Wikimedia Commons Dans mes jours d’angoisse et d’injustice, j’étais jalouse de tous les biens que tu pouvais et que tu devais me préférer.
Écrivain, 1804-1876 Image : Auguste Charpentier, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Lettres à Alfred de Husset et à Sainte-Beuve
Une erreur ? Proposer une correctionSignaler
Je claquais mon argent, je gâtais mon entourage, j’emmenais ma mère partout, mais je n’étais pas heureux.
Je possédais ce que l’argent ne pouvait pas acheter mais juste détruire. Le bonheur. Mon bonheur, en tout cas le mien. Avec ses défauts. Ses banalités. Ses petitesses. Mais le mien.
J’eus immédiatement honte de ce que je prenais pour de la dureté en moi, et qui était méchanceté, vengeance à l’égard d’un gosse qui venait de « m’avoir ».
Dans ma civilisation, celui qui diffère de moi, loin de me léser, m’enrichit.
Je ne peux pas vraiment changer ma vie pour faire plaisr aux gens jaloux. Pourquoi devrais je le faire ?
Je suis jaloux de ceux qui vivront et pour qui fleurs et désirs de femmes auront tout leur sens de chair et de sang. Je suis envieux, parce que j’aime trop la vie pour ne pas être égoïste. Que m’importe l’éternité.
La jalousie finit ainsi faute d’aliments et n’a tant duré qu’à cause d’en avoir réclamé sans cesse.
Je me rappelle un jour d’orage ; J’étais jaloux de tous ces flots Qui venaient, chacun à son tour, ramper, pleins d’amour, à tes pieds ! J’aurais voulu, comme la mer, effleurer ces pieds de mes lèvres !
J’aimerais autant ne pas être que de vivre dans la crainte et le respect devant un être semblable à moi.
Je découvre avec mélancolie que mon égoïsme n’est pas si grand puisque j’ai donné à autrui le pouvoir de me faire de la peine.

Téléchargez-la gratuitement pour la partager sur Instagram, WhatsApp ou Pinterest, en gardant le nom de l’auteur.