Le goût est la conscience littéraire de l’âme.
Essayiste, 1754-1824 Image : auteur inconnu, Domaine public, Wikimedia Commons Le goût est la conscience littéraire de l’âme.
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Pensées, essais et maximes, tome 1 (1850), Texte entier
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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L’envie est une convoitise du bonheur, un désir ; le goût est le sens distinctif de la saveur.
La conscience est la voix de l’âme, les passions sont la voix du corps.
La gourmandise est le vice des cœurs qui n’ont point d’étoffe. L’âme d’un gourmand est toute dans son palais, il n’est fait que pour manger.
Le goût mûrit aux dépens du bonheur.
Le parfum de l’âme, c’est le souvenir. C’est la partie la plus délicate, la plus suave du cœur, qui se détache pour embrasser un autre cœur et le suivre partout. L’affection d’un absent n’est plus qu’un parfum, mais qu’il est doux.
La lucidité est le lieu de rencontre de la conscience et de la sensualité.
L’attachement ou l’indifférence que les philosophes avaient pour la vie n’était qu’un goût de leur amour-propre, dont on ne doit non plus disputer que du goût de la langue ou du choix des couleurs.
À mesure qu’une âme s’enfonce dans la dévotion, elle perd le sens, le goût, le besoin, l’amour de la réalité.
Un acte d’ostentation est toujours une faute de goût ; le luxe où l’on met de l’ostentation pèche contre lui. Cela vient de ce que le Moi s’étale dans toute chose d’ostentation, et qu’il n’y a rien de plus mauvais goût que le moi.
Le vrai goût de la vie, on ne le trouve pas dans les grandes choses, mais dans les petites.

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