Était-il possible que les parents ne meurent jamais et que chaque enfant les couve en soi, de manière inéluctable ? Ma mère avec sa démarche boiteuse surgirait-elle donc vraiment un jour en moi, avec la fatalité d’un destin ?
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- Je ne suis pas nostalgique de notre enfance : elle était pleine de violence. C’était la vie, un point c’est tout : et nous grandissions avec l’obligation de la rendre difficile aux autres avant que les autres ne nous la rendent difficile.
- Le destin de l’enfant, c’était de naître.
- On ne pleure pas le destin d’un mort mais la perte du bien qu’il nous apportait. Si nous pleurions le martyre à venir, les maternités seraient océans de larmes.
- Le destin ! Ha ! Ha ! Ha ! Comme ci les mortels pouvaient avoir un destin.
- Devenir parent, c’est se découvrir un instinct féroce pour le mensonge. Pire que tout ce que vous pouviez imaginer. Se transformer en véritables machines à tromperies, voilà le destin qui nous attend.
- Elle semblait avoir conscience que si elle vacillait, la famille entière tremblerait, et que si un jour elle défaillait ou désespérait sérieusement, toute la famille s’écroulerait, toute sa volonté de fonctionner disparaîtrait.
- Une seule terreur, tenace, un jour peut-être elle jugerait ses parents.
- Si nos mères n’étaient pas décevantes, nous ne recevrions rien de ce que, par surprise, offre la vie.
- Ils étaient passé sans transition de l’enfance à l’épuisement et à la préparation à la mort, sans avoir droit aux quelques années d’oubli du monde et de la réalité que les autres appellent la jeunesse.
- Qu’on croit en Dieu ou pas, une mère ne meurt jamais tout à fait, son immrotalité est là, dans le coeur de l’enfant qu’elle a aimé.
- Mes pensées se tournent malgré tout vers mes parents. Lorsqu’ils sont morts, j’avais presque atteint le stade ou je pouvais les voir comme des individus. Encore un peu et j’aurais peut-être même pu recommencer à les aimer.
- Est-il possible que chaque instant porte de nouveau en germe mon rêve d’amour éternel ? Comment recouvrer une certitude d’enfant qu’on a un jour perdue ?
- La mort des parents ne devient définitive que le jour où leurs enfants ne sont plus là pour les évoquer.
- C’est ma mère, ce n’était plus la femme que j’avais toujours connue au-dessus de ma vie, et pourtant, sous sa figure inhumaine, par sa voix, ses gestes, son rire, c’était ma mère, plus que jamais.
- Si mon enfant était atteint d’une atroce souffrance et qu’il n’existat aucun remède pour alléger sa douleur, je considérerais comme mon devoir de lui donner la mort.