Est-ce cela, l’amour, cette chose dont les poètes, le théâtre, l’opéra exaltent les délices et les tourments et pour laquelle beaucoup d’amants sont prêts à mourir ? Cet extraordinaire frisson, puis plus rien ? Où est passée l’ivresse de ce matin ?
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- L’usure du temps ne serait-elle pas, comme souvent, le plus bel enterrement de leur amour, un amour qui s’efface peu à peu des mémoires sans que ni l’un ni l’autre des amoureux fous d’hier ne se rendent vraiment compte de ce qui se passe ?
- Pourquoi ton corps qui sombre Ton corps qui disparaît Et n’est plus sur le quai Qu’une fleur sur une tombe Pourquoi ces prochains jours Où je devrais penser A ne plus m’habiller Que d’une moitié d’amour.
- Nos histoires se vengent bien de nous. Nous ne savons pas tout de suite que l’amour meurt comme une saison. Ce printemps-ci est plus fulgurant que tous les printemps passés de ce pays.
- C’est pour vous rappeler à la réalité. L’amour lui-même, qui est une des rares choses auxquelles nous puissions, dans cette vallée d’erreurs et de larmes, dans cette galerie de faux-semblants, être tentés de croire, est frappé de malédiction. Il l’emporte de très loin sur toutes les bassesses du monde — mais il lui appartient encore : il en partage la misère. Reflet du sacré, il est un rêve, une nuée, une illusion scintillante. Un peu plus haut que tout le reste, il est une des facettes les plus brillantes et les plus enivrantes du néant de ce monde.
- Le premier attrait de l’amour est la nouveauté, presque tous les amours meurent avec elle, car alors il n’y a plus rien, la nouveauté n’est plus; l’habitude n’est pas encore, mais si l’amour survit à cette crise, et devient une habitude, il ne meurt plus.
- Cet amour du beau est ce qu’on nomme le goût. D’autres ont le même amour poussé tellement à l’excès, que, non contents d’admirer, ils cherchent à s’approprier ce beau sous de nouvelles formes. La création du beau est l’art.
- L’amour malheureux, c’est le ressort principal de la tragédie et du roman.
- Si l’amour consiste à nuire, pourquoi n’êtes-vous pas plus expéditif ? Pourquoi ne pas avoir tué Adèle dès votre première rencontre ? - Parce que ce n’est pas si simple. L’amoureux est un être complexe qui cherche aussi à rendre heureux.
- L’amour, la gloire, l’ambition, l’avarice - rêves ! - Rêves inutiles et mauvais, et dont pas un n’est meilleur ni pire, car ce n’est toujours qu’un même météore sous des noms différents, et la mort est la sombre fumée où va s’éteindre sa flamme.
- L’amour est mort j’en suis tremblant J’adore de belles idoles Les souvenirs lui ressemblant Comme la femme de Mausole Je reste fidèle et dolent.
- Mais, de même que tout est mortel dans la nature, de même toute nature atteinte d’amour est mortellement atteinte de folie.
- Allez donc parler, me dira-t-on, de la suffisance de l’amour à ceux qu’étreint, leur laissant tout juste le temps de respirer et de dormir, l’implacable nécessité !
- Eternité ! Eternité ! Voilà l’aspiration par excellence; la soif d’éternité est ce qui s’appelle amour parmi les hommes; qui aime autrui veut s’éterniser en lui. Ce qui n’est pas éternel n’est pas non plus réel.
- L’amour est comme la mer, qui vue superficiellement ou à la hâte, est accusée de monotonie par les âmes vulgaires. Tandis que certains êtres privilégiés passent leur vie à l’admirer en y trouvant sans cesse de changeants phénomènes qui les ravissent.