Nous échouons à traduire entièrement ce que notre âme ressent : la pensée demeure incommensurable avec le langage.
Écrivain, 1859-1941Nous échouons à traduire entièrement ce que notre âme ressent : la pensée demeure incommensurable avec le langage.
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Essai sur les données immédiates de la conscience (1889), chapitre III
… public, où le langage les avait ainsi fait descendre, des sentiments et des idées auxquels il essaie de rendre, par une multiplicité de détails qui se juxtaposent, leur primitive et vivante individualité. Mais de même qu’on pourra intercaler indéfiniment des points entre deux positions d’un mobile sans jamais combler l’espace parcouru, ainsi, par cela seul que nous parlons, par cela seul que nous associons des idées les unes aux autres et que ces idées se juxtaposent au lieu de se pénétrer,nous échouons à traduire entièrement ce que notre âme ressent: la pensée demeure incommensurable avec le langage.
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Le langage n’est pas la vérité. Il est notre manière d’exister dans l’univers.
Nous sommes des sourds-muets qui rêvons du plus beau langage alors qu’un seul mot nous ne savons le reconnaître. La vie d’un homme est un misérable balbutiement dans le désert…
Le langage du corps est la clé qui peut déverrouiller l’âme.
L’esprit humain souffre d’une carence intellectuelle fondamentale : pour qu’il comprenne la valeur d’une chose, il faut le priver de cette chose. L’absence lui parle sa langue maternelle ; la présence, c’est de l’hébreu pour lui.
Nous ne parvenons pas à écrire ce que nous pensons et c’est là, toute la force des mots. Ecrire, c’est perdre son idée au profit de quelque chose qui nous dépasse, qui ne nous appartient même plus.
La musique. Probablement la langue véritable du subconscient, la langue universelle au-delà du possible.
On ne dit pas cela aussi, comme une chose spirituelle ; et la plupart de ceux qui affectent ce langage savent bien eux-mêmes qu’il est ridicule.
Tout nous vient – non pas tout, mais presque tout nous vient – par l’intermédiaire du langage. C’est pourquoi je pense que la solution de beaucoup de nos difficultés est dans le travail sur le langage.
La langue de Dieu, c’est le silence. Il peut être assourdissant, mais on y reconnaît sa voix. On ne discute pas avec cette voix.
Quant à la diction, mère de la Poésie, j’observe que le français, bien parlé, ne chante presque pas. Notre discours est de registre peu étendu…

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