La démocratie, ce n’est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité.
Philosophe, 1913-1960 Image : Photograph by United Press International, Domaine public, Wikimedia Commons La démocratie, ce n’est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité.
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Carnets III, mars 1951 - décembre 1959, p. 260
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Une des contradictions de la démocratie : doit elle exclure ceux qui veulent la détruire ? Non quand ils ne sont qu’une minorité. Mais quand ils obtiennent la majorité c’est trop tard.
C’est la beauté de la démocratie de faire que le pouvoir tienne compte de l’opinion, mais c’est la misère de la démocratie d’être soumise au nombre, la moitié plus un. Or la majorité des gens ne se soucie pas du sort des autres.
La liberté politique ne consiste point à faire ce que l’on veut.
On peut respecter les minorités, comprendre les particularismes, accepter la diversité sans pour autant céder à l’émiettement et au fractionnisme.
Imprudente démocratie qui a donné aux citoyens le pouvoir de voter contre elle sans prévoir que le suffrage universel serait capable de la menacer davantage qu’une hypothétique dictature.
En démocratie, règne la dictature du plus petit commun cru ou ressenti. Certainement pas pensé.
L’amour de la démocratie est celui de l’égalité.
Donner le pouvoir à la population et aux travailleurs rend inéluctable l’affrontement avec la minorité des privilégiés.
La démocratie est une technique qui nous garantit de ne pas être mieux gouvernés que nous le méritons.
Idéalement, la civilisation devrait être imposée par une majorité enthousiaste à une minorité provisoirement sceptique.

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