Une collectivité n’a pas de conscience. Lorsqu’elle paraît en avoir une, c’est qu’il y subsiste le nombre indispensable de consciences réfractaires.
Écrivain, 1888-1948Une collectivité n’a pas de conscience. Lorsqu’elle paraît en avoir une, c’est qu’il y subsiste le nombre indispensable de consciences réfractaires.
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Source vérifiée
La France contre les robots (1947), chapitre 6
… Quant au cas de conscience collectif, épargnez-moi cette plaisanterie, ne me faites pas rigoler! Il n’y a pas de conscience collective.Une collectivité n’a pas de conscience. Lorsqu’elle paraît en avoir une, c’est qu’il y subsiste le nombre indispensable de consciences réfractaires, c’est-à-dire d’hommes assez indisciplinés pour ne pas reconnaître à l’État-Dieu le droit de définir le Bien et le Mal. Chère Madame, je doute que l’être d’élite auquel vous consacrez vos ardeurs appartienne à cette dernière catégorie. Je le devine trop homme du monde pour ne pas se faire une loi d’être « comme tout le monde »; il ne se sent donc nullement sans doute la vocation d’un réfractaire. …
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La conscience est conscience de part en part. Elle ne saurait donc être limitée que par elle-même.
La conscience est une poltronne, qui, quand elle n’a pas eu assez de force pour prévenir une faute, a rarement assez de justice pour en punir le coupable en l’accusant.
La conscience est la boussole de l’être humain et, bien que l’aiguille dévie parfois, […], il faut néanmoins faire de son mieux pour garder le cap.
Conscience universelle
On en appelle d’autant plus à elle que l’on est sûr qu’elle ne répondra pas.
La conscience en réalité se trouve prise entre deux contradictions : ou le Bien, sommé d’être bon à tout prix, se niera lui-même ; ou le Bien, plus soucieux de survivre (…), sera provisoirement infidèle à soi.
Trop de lucidité dessèche ; en sorte qu’une conscience délicate ne va jamais sans quelque aveuglement, sans l’ingénuité du cœur et la crédulité de l’esprit. C’est cette conscience que l’ironie des esprits forts impitoyablement pourchasse et neutralise.
La conscience est à la fois scrupuleuse et hypocrite. Elle s’accuse, mais elle fuit devant la vérité, parce qu’elle veut ignorer la cause réelle de ses tourments.
La mauvaise conscience générale permet à chacun de se gratifier d’une bonne conscience individuelle : ce n’est pas moi qui suis responsable, puisque tout le monde l’est.
Si la conscience n’est, comme l’a dit un penseur inhumain, qu’un éclair entre deux éternités de ténèbres, alors il n’y a rien de plus exécrable que l’existence.
Ce n’est pas la folie qui est capable de bouleverser le monde, c’est la conscience.

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