Chaque cellule de cerveau est un petit tiroir vide à la naissance. À la mort, quelques tiroirs sont pleins, beaucoup sont coincés, d’autres enflés, mais la plupart sont toujours vides.
Écrivain, 1914-1988Chaque cellule de cerveau est un petit tiroir vide à la naissance. À la mort, quelques tiroirs sont pleins, beaucoup sont coincés, d’autres enflés, mais la plupart sont toujours vides.
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Le calepin d'un flâneur
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Il n’y a rien de vivant dans une cellule sauf l’ensemble.
Le cerveau des enfants est comme une bougie allumée dans un lieu exposé au vent : sa lumière vacille toujours.
Notre système nerveux n’est pas un vain mot ni une invention. C’est un corps physique composé de fibres. Notre âme est située dans l’espace et se place en nous comme les dents dans la bouche. On ne peut sans cesse la violenter impunément.
La plus grande partie du corps ne parle que pour souffrir. Tout organe qui se fait connaître est déjà suspect de désordre. Silence bienheureux des machines qui marchent bien.
Il y a un terrible problème avec le cerveau. L’intelligence n’est pas nécessairement garantie à la livraison de l’organe.
L’intelligence du monde n’est pas dans la naissance, elle est dans la mort. On sait ce qui naît ; on ne sait où va ce qui meurt.
Lorsque l’esprit est libre, le corps est délicat.
Les corps des morts c’est comme des écorces vides. Des trucs qu’on abandonne ici pour pouvoir partir ailleurs, plus léger.
Tous les mots sont adultes. Seul l’espace où ils retentissent les reconduit vers la mort perpétuelle où ils semblent naître toujours.
Quelle que soit la quantité de mensonges, de faux souvenirs et de rêves, dont on s’entoure le long d’une vie, c’est toujours le même corps qu’on retrouve, au matin, dans l’éprouvante expérience du réveil ; le corps est sans miracle.

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