Bien des gens seraient capables de tuer un homme pour prendre la graisse du mort, et en frotter leurs bottes.
Philosophe, 1788-1860Bien des gens seraient capables de tuer un homme pour prendre la graisse du mort, et en frotter leurs bottes.
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Pensées et fragments
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La mort prends les gros richards qui se la pètent, les petits marrants qui contrepètent, et même les qui-sont-bien -montés.
La mort a tué trop d’hommes pour être inhumaine.
Qui attend les souliers d’un mort risque d’aller pieds nus.
Si certaines personnes mouraient et que d’autres ne mouraient pas, la mort serait une terrible affliction.
Le combat d’homme à homme implique un certain degré d’estime mutuelle, même à l’heure de donner la mort ; à l’inverse, dans une exécution, on tue et on humilie à la fois.
On calomnie la mort tandis que la vieillesse suffit pour disqualifier un homme.
Essayez, si vous le pouvez, d’arrêter un homme qui voyage avec son suicide à la boutonnière.
Souhaiter la mort de quelqu’un, c’est l’assassiner en idée. Si la pensée tuait, que de meurtriers et que de victimes !
Tant que les hommes massacreront les animaux, ils s’entre-tueront. Celui qui sème le meurtre et la douleur ne peut récolter la joie et l’amour.
Il faut donc que le peuple rende malades les hommes d’Etat puisque chaque jour leur honneur maigrit ; mais au moins souvent leur corps engraisse.

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