Aujourd’hui, le seul scandale c’est le bonheur. Mais, silencieusement et sûrement, l’indifférence heureuse répond au mépris facile grimaçant.
1900-1977Aujourd’hui, le seul scandale c’est le bonheur. Mais, silencieusement et sûrement, l’indifférence heureuse répond au mépris facile grimaçant.
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Spectacle (1951)
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Il n’y a pas de vrai bonheur sans qu’il s’y mêle un petit peu le sens du malheur…
On a beau croire le contraire, la joie se partage moins que le malheur.
Se faire regretter. Peu de gens ont ce bonheur.
Le bonheur, ça tient à un coup de volant mal négocié.
Le problème que pose le bonheur est déroutant : rares, extrêmement rares sont ceux qui le désirent. On aime plus à se raconter ses malheurs et à capter par ce récit l’oreille d’autrui qu’à taire sa joie, et à y demeurer isolé.
Le bonheur parfait n’est pas sur la terre ; mais le plus grand des malheurs et celui qu’on peut toujours éviter, est d’être malheureux par sa faute.
C’est étrange, les gens n’osent pas parler de bonheur à celui qui vient d’avoir un grand malheur.
On n’est pas heureux. Notre bonheur, c’est le silence du malheur.
Si la vertu ne suffit pas à assurer le bonheur, la méchanceté suffit à rendre malheureux.
Il n’y a qu’une sorte de bonheur, mais le malheur prend mille formes différentes.

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