L’art du romancier consiste à inventer avec des souvenirs.
1925-2017Attribution non vérifiée, l’œuvre d’origine n’a pas été retrouvée. Vous connaissez la source ?Comment nous vérifions
L’art du romancier consiste à inventer avec des souvenirs.
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Piètre mémoire, présence chancelante au monde, qui m’interdit de témoignage. D’où mon appétit de romancier, sans doute : l’imagination affamée de souvenirs s’acharne à recomposer la vie sur esquisses.
Le souvenir a le même pouvoir que l’écriture.
Dépouillons l’écrivain du lustre que lui conserve encore la tradition et regardons-le dans la réalité de sa vie d’artisan d’idées et de praticien du langage écrit.
Créer, c’est se souvenir : cette proposition concerne l’acteur plus que tout autre créateur. La mémoire est au cœur de son art. Elle est son instrument et sa matière première.
Les mots : écrins qui recueillent une réalité esseulée et la métamorphosent en un moment d’anthologie, magiciens qui changent la face de la réalité en l’embellissant du droit de devenir mémorable, rangée dans la bibliothèque des souvenirs.
On se moque beaucoup des écrivains qui se disent menés par leurs personnages mais ne l’est-on pas en partie, dans la mesure où ils sont la synthèse de nos souvenirs, de nos sentiments, des évènements de notre vie ?
Très souvent le désordre de la mémoire est tel que nous ne savons plus si nous inventons un personnage ou si c’est une agréable réminiscence.
Les souvenirs réinventent la vie, ils sont une autre forme de l’oubli.
Le droit intangible du romancier, c’est de pouvoir retravailler son roman.
Tout grand écrivain frappe la prose à son effigie.

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