Je les appelle dorés-sur-tranche parce que ces vieux-là ils aiment rien tant que de rester étalés au soleil à cuire dans leur graisse comme du bacon. Ils viennent prendre leur retraite ici et c’est à qui chopera son cancer de la peau le premier.
Image : Je les appelle dorés-sur-tranche parce que...

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- La retraite... Quel mot terrifiant !
- Pour tout français, la retraite est le but suprême de l’existence. C’est avec joie qu’il envisage sa vie de vieillard. Mastiquer avec une mâchoire édentée semble être le comble de ses délices.
- Le retraité est, comme le bouilleur de cru, un personnage éminemment français.
- Si on arrive à vivre 100 ans, on ne va pas continuer à avoir la retraite à 60 ans. Il va bien falloir que d’une manière ou d’une autre ça s’ajuste.
- Tu connais les vieux - plus aucune pudeur de l’estomac, tu as envie de vomir rien qu’à les voir se goinfrer. Les vétérans de la drogue sont tout pareils.
- Ils se passionnent ces vieux pour des bricoles, un quart de rouge, quelques mégots... Ils se chamaillent, se filent des coups de canne, à ce qu’il paraît, pour des histoires encore d’amour puisque c’est mixte l’établissement.
- Tout est déjà usé pour eux à l’entrée même de la vie; et leurs premières années éprouvent déjà les dégoûts et l’insipidité que la lassitude et le long usage de tout semble attacher à la vieillesse.
- Des copulateurs sans conscience. Ils ne s’obsèdent que sur la baise, le cinoche, le fric, la famille, tout ce qui tourne autour du sexe. Sous leur crâne, on ne trouve que du coton. Ils gobent tout, dieu comme la patrie, sans jamais se poser la moindre question.
- À partir d’un certain âge il faut prendre l’habitude de vivre comme les fantômes. Ne rien regretter, ne rien désirer. C’est de tout repos. Rien ne vous pèse, on ne pèse sur rien.
- Le pire dans la vieillesse, ce n’est pas la diminution physique, c’est le dégoût de l’humanité. Combien commencent en subversifs pour finir en grincheux ? Rebelles à vingt-ans, poupons geignards à soixante-ans.
- Ceux qui parlent sans cesse de leur santé ressemblent aux avares qui entassent toujours de l’argent sans avoir jamais l’esprit d’en jouir.
- La perspective de travailler avec des personnes âgées m’emballait à peu près autant que d’embrasser une araignée, mais c’était une question de survie.
- Une vie sans éclat et attentive au simple est semblable à ces coings à la peau duvetée et à l’apparence rugueuse qui, mûrissant dans l’ombre, embaument l’air du cellier - comme fait le corps d’un saint après sa mort.
- Alors si on les fait vivre, il faut avoir la dignité et le courage de les emmener jusqu’au bout de leur vie. Ce qui n’est pas le cas. En effet, à 20 ans, même la sécurité sociale les renie, ils n’ont plus droit à rien.
- Beaucoup de gens disent qu’ils s’assagissent avec l’âge. En vérité, ils se tassent, ils ralentissent. Ils perdent de leurs saillances. Ils s’enlisent dans un sable mou et s’enfoncent en toute confiance. C’est ce qu’on appelle mûrir.