Les âmes qui vivent beaucoup et vite ne souffrent pas moins que celles qui se consument dans une seule affection.
Romancier, 1799-1850 Image : Louis-Auguste Bisson, Domaine public, Wikimedia Commons Les âmes qui vivent beaucoup et vite ne souffrent pas moins que celles qui se consument dans une seule affection.
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La Paix du ménage (1830)
… en ce moment, elle reconnaissait une erreur aussi cruelle pour sa réputation que pour son amour-propre. Chez elle, comme chez les autres femmes de cette époque, la soudaineté des passions augmentait leur vivacité.Les âmes qui vivent beaucoup et vite ne souffrent pas moins que celles qui se consument dans une seule affection.La prédilection de la comtesse pour Martial était née de la veille, il est vrai; mais le plus inepte des chirurgiens sait que la souffrance causée par l’amputation d’un membre vivant est plus douloureuse que ne l’est celle d’un membre malade. …
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En amour, il existe plus de dépérissements que de morts subites.
L’amour trop souvent N’offre aux cœurs abusés qu’un bonheur décevant.
Les caresses ne sont que d’inquiets transports, infructueux essais du pauvre amour qui tente L’impossible union des âmes par les corps. Vous êtes séparés et seuls comme les morts, misérables vivants que le baiser tourmente !
Le bonheur d’une âme sensible est altéré par l’aspect de la plus légère souffrance, c’est pour elle le pli de rose du Sybarite.
Aux heures où l’on se sent le plus misérable, il n’y a que la force de l’amour qui puisse sauver de tout.
Aimer, c’est vivre et mourir d’un pari infernal que l’on fait sur ce qui se passe dans l’âme de l’autre.
Ne vivre que pour aimer, n’aimer que pour souffrir, ne souffrir que pour mourir, voilà le sort de l’être sensible.
L’âme résiste bien plus aisément aux vives douleurs qu’à la tristesse prolongée.
La vie sera toujours comme un grand amour inachevé. Une douleur intense de la perdre comme l’odeur de la femme aimée.
L’âme ne se sépare pas du corps avec plus de douleur que l’homme de sa grandeur.

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