Agoniser ne suffit pas. Il faut jouir en même temps qu’on crève avec les derniers hoquets faut jouir encore, tout en bas de la vie, avec de l’urée plein les artères.
Écrivain, 1894-1961Agoniser ne suffit pas. Il faut jouir en même temps qu’on crève avec les derniers hoquets faut jouir encore, tout en bas de la vie, avec de l’urée plein les artères.
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Voyage au bout de la nuit
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La vie, c’est comme une bête qu’il faut dompter. Il faut bander ses muscles comme un pêcheur mettant à l’eau une pirogue rétive. À tout moment, la lame risque de la submerger, de l’emporter. Néanmoins il tient bon.
Quelquefois dans la vie il faut que l’on s’égare.
Je m’étonne de tomber dans l’angoisse et pourtant ! Je ne cesse de jouer : c’est la condition de l’ivresse du cœur. Mais c’est mesurer le fond nauséeux des choses : jouer, c’est frôler la limite, aller le plus loin possible et vivre sur un bord d’abîme !
Il faut s’endurcir, sans jamais se départir de sa tendresse.
Le tonnerre est souvent nécessaire pour arracher à la torpeur croupissante d’une vie sans saveur.
Il est plus adroit de se tirer d’un mauvais pas qu’un coup de revolver au cœur.
Vivre ce n’est pas sérieux, ce n’est pas grave. C’est une aventure, c’est presque un jeu. Il faut fuir la gravité des imbéciles.
Aimer, ce n’est pas gagner à tous les coups. C’est prendre des risques, faire des paris incertains, connaître la frayeur de perdre sa mise pour mieux savourer le frisson de la doubler.
C’est le destin de l’homme de toujours accomplir certains gestes, aussi longtemps que le cœur est vivant, aussi longtemps que les poumons respirent, des gestes qui sont autant de défis au destin.
Le cœur a besoin d’un répit pour devenir capable de battre la chamade ; de l’immobilité au galop effréné, il faut des pauses pour retrouver sa respiration et laisser ainsi son cœur prendre de la vitesse.

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