Il vient un âge où le bonheur semble se retirer de la vie, comme ces lacs qu’un été trop long rétrécit entre leurs rives.
Écrivain, 1867-1920Il vient un âge où le bonheur semble se retirer de la vie, comme ces lacs qu’un été trop long rétrécit entre leurs rives.
Écrivain, 1867-1920Partager sur
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Le carnet de M. Du Paur
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La douceur de ce monde, elle est toute goûtée. La jeunesse n’est plus : un fleuve à l’horizon. Avril et Mai sont loin, l’été lui-même est loin, et je ne suis plus rien, je n’aime plus à vivre.
Il n’est pas certain que le bonheur survenu trop tard, quand on ne peut plus en jouir, quand on n’aime plus, soit tout à fait ce même bonheur dont le manque nous rendit jadis si malheureux.
À cet âge, c’est plutôt le bonheur et la tranquillité qui ont tendance à paraître inconciliables…
L’eau des fleuves est la dernière eau qui s’en va et la première qui arrive. Ainsi va le temps présent. Une vie bien remplie est longue.
La vie, c’est comme les vagues, c’est comme l’écume, tout se disloque, tout s’en va, tout se perd.
L’été, une légère brise nous apporte bien plus que de la fraîcheur. Elle nous apporte la vie.
Il y a des genres et des degrés de solitude. Une île au milieu d’un lac, c’est un genre de solitude ; mais les lacs ont des bateaux, et on peut toujours espérer une visite.
Le temps passe, et il fait tourner la roue de la vie comme l’eau celle des moulins.
Lac de Côme : l’Alpe blanchissante se regarde vieillir dans le miroir des eaux.
Le bonheur entre et sort. C’est l’éclair qui vient de l’orient et disparaît à l’occident. Toute la terre le voit et tressaille ; mais il passe.

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