Il vaut mieux prévenir les crimes que d’avoir à les punir; tel est le but principal de toute bonne législation, laquelle est l’art de rendre les hommes le plus heureux possible ou, disons pour tenir compte également des biens et des maux de la vie, le moins malheureux possible.
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- À l’aspect de cette multiplicité de supplices, qui n’a jamais rendu les hommes meilleurs, j’ai cherché si, dans un gouvernement sage, la peine de mort était vraiment utile; j’ai examiné si elle était juste. Quel peut être ce droit que les hommes s’attribuent d’égorger leurs semblables ?
- La perspective d’un châtiment modéré, mais auquel on est sûr de ne pouvoir échapper, fera toujours une impression plus vive que la crainte vague d’un supplice terrible, dont l’espoir de l’impunité anéantit presque toute l’horreur.
- Tu cherches le bonheur, mais tu préfères ta sécurité, même au prix de ta colonne vertébrale, même au prix de ta vie.
- Il faut croire en la vie et la vivre pleinement sans trop s’arrêter aux accidents en cours de route. Un malheur présage un bonheur, la plupart du temps c’est vrai.
- Prêcher la chasteté est une incitation publique à la contre-nature. Mépriser la vie sexuelle, la souiller par la notion d’impureté, tel est le vrai péché contre l’esprit sain de la vie.
- Tout homme, pourvu qu’il soit courageux au travail comme au danger, en vaut n’importe quel autre et que seule la vie faussée des villes permet aux pleutres et aux inutiles d’en imposer à meilleurs qu’eux.
- La loi n’a jamais rendu les hommes un brin plus justes, et par l’effet du respect qu’ils lui témoignent les gens les mieux intentionnés se font chaque jour les commis de l’injustice.
- Faut-il s’applaudir de la politique, si son plus grand effort est de faire quelques heureux au prix du repos de tant d’hommes ? Et quelle est la sagesse si vantée de ces lois, qui laissent tant de maux inévitables, et procurent si peu, de biens ?
- Dans une civilisation aussi matérialiste, fondée non pas sur l’individu, mais sur la propriété, il est inévitable que cette dernière soit mieux défendue que la personne humaine, et que les crimes contre la propriété soient stigmatisés de façon plus exemplaire que ceux commis contre l’homme.
- Tu penses pouvoir réprimer l’injustice et la cupidité de tes concitoyens par des lois écrites. Mais celles-ci ne diffèrent en rien des toiles d’araignée; elles garderont captifs les plus faibles et les plus petits de ceux qui s’y feront prendre; mais les puissants et les riches les déchireront.
- C’est un crime d’être heureux : il faut donc que le bonheur soit châtié.
- Entre faire le mal ou faire le bien, il n’existe d’autre différence que la paix de la conscience ou son trouble : la peine est la même. Si les coquins voulaient se bien conduire, ils seraient millionnaires au lieu d’être pendus : voilà tout.
- L’idée fondamentale du bien est donc qu’il consiste à préserver la vie, à la favoriser, à vouloir la porter à sa plus haute valeur, et que le mal consiste à anéantir la vie, la léser, l’entraver dans son épanouissement.
- La peine de mort est une peine immorale, ou du moins inutile, parce qu’elle habitue le peuple au spectacle des supplices, et parce qu’elle ne répare rien; car malheureusement la mort du meurtrier ne rend point la vie à la victime.
- En général, les hommes, même en ce pays relativement libre, sont tout simplement, par suite d’ignorance et d’erreur, si bien pris par les soucis factices et les travaux inutilement rudes de la vie, que ses fruits plus beaux ne savent être cueillis par eux.