O temps de rêverie, et de force, et de grâce ! Attendre tous les soirs une robe qui passe !
Écrivain, 1802-1885 Image : Étienne Carjat, Domaine public, Wikimedia Commons O temps de rêverie, et de force, et de grâce ! Attendre tous les soirs une robe qui passe !
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Les Feuilles d’automne (1831), « Ô mes lettres d’amour, de vertu, de jeunesse »
… J’avais donc dix-huit ans! j’étais donc plein de songes! L’espérance en chantant me berçait de mensonges. Un astre m’avait lui! J’étais un dieu pour toi qu’en mon cœur seul je nomme! J’étais donc cet enfant, hélas! devant qui l’homme Rougit presque aujourd’hui!Ô temps de rêverie, et de force, et de grâce! Attendre tous les soirs une robe qui passe!Baiser un gant jeté! Vouloir tout de la vie, amour, puissance et gloire! Être pur, être fier, être sublime, et croire À toute pureté! À présent, j’ai senti, j’ai vu, je sais. — Qu’importe Si moins d’illusions viennent ouvrir ma porte Qui gémit en tournant! Oh! …
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Je m’endors en pensant comme chaque soir que le plus beau est à venir.
Attendez la nuit pour dire que le jour a été beau.
Apprends-moi le bonheur dans la flamme des jours Les langueurs océanes aux rives d’amour. Apprends-moi les rubis que la nuit évapore Et la robe naissante du rose qui la dore.
Défais-toi de cette épouvante qui t’égare, ô coursier noble et fidèle ! Ces ténèbres, ne vois-tu pas que ce n’est que la nuit ? La nuit, cette intermittence de la fièvre qu’on appelle le jour !
Je veille au matin aux songes de tes nuits, j’y souffle l’amour sur les jours de ta vie.
Ne passe la nuit à te soucier du lendemain. Quand le jour se lèvera, que sera demain ?
La nuit est destinée au sommeil, le jour au repos et l’âne au travail.
Et la chambre drapée en tulle vaporeux
Rose de la lueur des veilleuses voilées,
Où ne sonnent jamais les heures désolées !…
Parfums persuadeurs qui montent du lit creux !…
Voici descendre enfin sur nous la belle nuit Si douce à qui se meurt, à qui se désespère, .
Une femme, c’est une partie de plaisir ! Ne pourrait-on pas dire, quand on en rencontre une : voilà une belle nuit qui passe ?

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