Un sujet à traiter est pour moi comme une femme dont on est amoureux ; quand elle va vous céder on tremble et on a peur, c’est un effroi voluptueux.
Écrivain, 1821-1880 Image : Nadar, Domaine public, Wikimedia Commons Un sujet à traiter est pour moi comme une femme dont on est amoureux ; quand elle va vous céder on tremble et on a peur, c’est un effroi voluptueux.
Écrivain, 1821-1880 Image : Nadar, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Correspondance de Gustave Flaubert (1846), lettre 158 à Louise Colet
Un sujet à traiter est pour moi comme une femme dont on est amoureux; quand elle va vous céder, on tremble et on a peur; c’est un effroi voluptueux, on n’ose pas toucher son désir. J’ai relu ce soir l’épisode de Velléda des Martyrs. Quelle belle chose! Quelle poésie! Mais si j’avais été Eudore et que tu eusses été la druidesse, j’aurais cédé plus vite. Je ne peux pas me défendre d’un sentiment d’indignation bourgeoise quand je vois dans les livres des hommes qui résistent aux femmes. On pense toujours que c’est l’auteur qui parle de lui, et on trouve ça impertinent parce que c’est peut-être faux, après tout. Tu me parles d’Albert Aubert …
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De même que l’amour nous fait trouver belle la femme aimée, l’angoisse que nous inspire une femme redoutée donne un relief démesurée au moindre défaut de ses traits.
Etrange comme l’amour nous conduit droit à notre peur, toujours.
L’horreur de l’amour, c’est de resserrer le monde autour d’un être qui vous enchaîne.
Ce qui est dangereux et procréateur de souffrances dans l’amour, ce n’est pas la femme elle-même, c’est sa présence de tous les jours, la curiosité de ce qu’elle fait à tous moments ; ce n’est pas la femme, c’est l’habitude.
Il y a dans le cœur d’une femme qui commence à aimer un immense besoin de souffrir.
L’amour est un sujet d’inquiétude oisive.
Un peu, beaucoup, passionnément. Une femme veut toujours son enfant. Mais elle en a peur quand l’amour rassurant n’est pas là. Cet amour qui pousse les poussettes, qui cueille des noisettes et s’inquiète à la première rougeole.
Il en est du romantisme fiévreux comme de la moule pas fraîche : quand on en abuse, ça fait mal au cœur.
J’ai une envie d’aimer qui est abominable.
J’ai peur de celle-là qui n’a jamais menti. Elle peut être indifférente, étant fidèle… L’amour est trop souvent par la vertu trahi Et la femme qui ment est toujours la plus belle.

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