Le spectacle de l’injustice m’accable, mais c’est probablement parce qu’il éveille en moi la conscience de la part d’injustice dont je suis capable.
Écrivain, 1888-1948Le spectacle de l’injustice m’accable, mais c’est probablement parce qu’il éveille en moi la conscience de la part d’injustice dont je suis capable.
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Les Grands Cimetières sous la lune (1938), partie I, chapitre 3
… Je ne me flatte nullement de donner à autrui une leçon de sagesse n’ayant pas su moi-même conduire irréprochablement ma pauvre vie. Je ne vous apporte pas un plan de réorganisation médité entre ma pipe et mon pot. Il est vrai quele spectacle de l’injustice m’accable, mais c’est probablement parce qu’il éveille en moi la conscience de la part d’injustice dont je suis capable.Autrement, je tâcherais d’attendre en paix, à l’exemple des saints, nos pères, l’avènement du Royaume de Dieu. Oui, j’accepterais l’injustice, toute l’injustice, il suffirait que j’en eusse la force. …
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J’aime mieux une injustice qu’un désordre.
La vérité jaillira de l’apparente injustice.
L’injustice n’est pas un mal en elle-même, mais elle l’est dans la crainte liée au soupçon qu’elle ne puisse rester inaperçue de ceux qui sont chargés de punir de tels actes.
L’injustice agrandit une âme libre et fière.
Dans « injustice », il y a « justice ».
La justice, c’est l’injustice équitablement partagée.
Les injustices sont les fondements mêmes de la justice.
Lorsqu’on regarde l’injustice en face et qu’on agit, la souffrance s’apaise au lieu de croître, parce qu’on surmonte le sentiment de culpabilité et le désespoir rongeur, envenimé par l’inertie. On nettoie la plaie – la sienne et celle d’autrui – qui peut enfin guérir.
L’injustice est le premier des désordres.
Stricte justice, grande injustice.

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