Seuls les tout petits chefs jouissent de leur pouvoir – au-dessus, on ne connaît que la peur de se faire poignarder dans le dos, la rage des trahisons et le poison des fausses promesses.
ÉcrivaineSeuls les tout petits chefs jouissent de leur pouvoir – au-dessus, on ne connaît que la peur de se faire poignarder dans le dos, la rage des trahisons et le poison des fausses promesses.
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Vernon Subutex 1
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Ce n’est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur : la peur de perdre le pouvoir pour ceux qui l’exercent, et la peur des matraques pour ceux que le pouvoir opprime.
On ne se méfie jamais assez des ambitieux qui gravitent autour d’un chef. Bien souvent, ce sont eux qui infléchissent ses actions et qui, à force de le protéger, finissent par l’isoler dangereusement.
Souvent, ceux qui sont au pouvoir se croient invulnérables.
La force de ceux qui gouvernent n’est réellement que la faiblesse de ceux qui se laissent gouverner.
Ceux-là seuls pour régner, ont de la passion, que possède une folle et vaine ambition.
Vous savez ce que ça peut provoquer, la peur ? Il y en a que ça pousse à la lâcheté, d’autres à l’héroïsme.
Notre fascination pour le pouvoir signe notre impuissance réelle, notre peur de la transgression et de l’autonomie.
Il y a des gens qui se croient le talent de gouverner par la seule raison qu’ils gouvernent.
Un pouvoir engagé dans la route sanglante de l’injustice ressent la crainte qu’il inspire, éprouve la haine qu’il excite : c’est une pente funeste et glissante où l’on ne peut ni s’arrêter ni reculer.
Vous pensiez qu’une cause qui n’est défendue que par la violence, le mensonge et la calomnie fait ainsi l’aveu de sa propre faiblesse, et vous aviez raison — mais vous n’imaginiez pas le pouvoir de la faiblesse, de l’humiliation, du ressentiment et des peurs abjectes.

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