Ce qui me semble beau, ce que je voudrais faire, c’est un livre sur rien, un livre sans attache extérieure, qui se tiendrait de lui-même par la force interne de son style.
Écrivain, 1821-1880 Image : Nadar, Domaine public, Wikimedia Commons Ce qui me semble beau, ce que je voudrais faire, c’est un livre sur rien, un livre sans attache extérieure, qui se tiendrait de lui-même par la force interne de son style.
Écrivain, 1821-1880 Image : Nadar, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Correspondance de Gustave Flaubert (1852), lettre 303 à Louise Colet
Ce qui me semble beau, ce que je voudrais faire, c’est un livre sur rien, un livre sans attache extérieure, qui se tiendrait de lui-même par la force interne de son style, comme la terre sans être soutenue se tient en l’air, un livre qui n’aurait presque pas de sujet ou du moins où le sujet serait presque invisible, si cela se peut. Les œuvres les plus belles sont celles où il y a le moins de matière; plus l’expression se rapproche de la pensée, plus le mot colle dessus et disparaît, plus c’est beau. Je crois que l’avenir de l’Art est dans ces voies. …
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Quel beau livre ne composerait-on pas en racontant la vie et les aventures d’un mot !
Les livres contiennent de l’humour, de la beauté, de l’intelligence, de l’émotion, de la pensée, et bien sûr, tout ce qui fait la vie. La vie sans un livre est vide.
Les seuls livres dignes d’être lus sont ceux qui rendent sensible, non pas dans des phrases explicites, non pas même par le fil de l’intrigue, mais dans leur texture même, leur tissu de mots, à la fois ce que la vie à d’impossible et ce qu’elle a d’admirable.
La littérature est, profondément, un art conceptuel ; c’est même, à proprement parler, le seul.
Je veux écrire des livres tristes et chastes, où il n’y aura que des paysages, des fleurs, du chagrin, de la fierté, et la candeur des animaux charmants qui s’effraient de l’homme.
C’était une force puissante et sournoise que celle de la solitude. Elle agissait sur moi en utilisant d’agréables atours : la lecture boulimique d’ouvrages littéraires. Elle n’en était pas moins une force de sape et de destruction.
La littérature est un refuge. Elle a approfondi ma vision du monde. Les livres m’ont dit des choses que ne me disaient pas les vivants. En ce sens, elle m’a donné une leçon de morale artistique. Je luis dois ça, une conscience morale.
Les sots admirent tout dans un auteur estimé. Je ne lis que pour moi ; je n’aime que ce qui est à mon usage.
Dans ce livre où il n’y a pas un seul fait qui ne soit fictif, où il n’y a pas un seul personnage « à clefs », où tout a été inventé par moi selon les besoins de ma démonstration…
Rien ne marque autant un lecteur que le premier livre qui s’ouvre vraiment un chemin jusqu’à son cœur.

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