La relation interpersonnelle que j’établis avec autrui, je dois l’établir aussi avec les autres hommes; il y a donc nécessité de modérer ce privilège d’autrui; d’où la justice. Celle-ci, exercée par les institutions, qui sont inévitables, doit toujours être contrôlée par la relation interpersonnelle initiale.
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- D’où un tout autre mouvement : pour sortir de l’« il y a », il faut non pas se poser, mais se déposer; faire un acte de déposition, au sens où l’on parle de rois déposés. Cette déposition de la souveraineté par le moi, c’est la relation sociale avec autrui, la relation dés-inter-essée.
- La relation à autrui est asymétrique : je ne dois pas attendre de réciprocité.
- L’éducation consiste avant tout à donner à celui qui est éduqué le sens de l’altérité. Que faut-il entendre par là ? Que l’humain commence avec le souci de l’autre.
- Il serait temps que l’homme reconnaisse que la relation avec l’autre est bien plus essentielle qu’un monde fermé, reposant sur la seule conscience de soi.
- Le sexe, c’est toujours une relation de pouvoir, qu’on le veuille ou non. Il faut une lutte, une domination de l’un sur l’autre ! Sinon, ça ne marche pas.
- Plus un corps social est petit, plus est garantie l’individualité de ses membres; plus sont grandes leur liberté relative et les possibilités d’une responsabilité consciemment assumée. Hors de la liberté, point de moralité.
- Dans une civilisation aussi matérialiste, fondée non pas sur l’individu, mais sur la propriété, il est inévitable que cette dernière soit mieux défendue que la personne humaine, et que les crimes contre la propriété soient stigmatisés de façon plus exemplaire que ceux commis contre l’homme.
- L’homme supérieur est influencé par la justice; l’homme vulgaire est influencé par l’amour du gain.
- J’ai toujours pensé que pour un homme qui se destine à la vie publique, la véritable dignité ne consistait pas à éluder des interpellations mais à y répondre.
- Dans une relation amoureuse, souvent, il en est un qui donne et l’autre qui prend, un qui s’offre et l’autre qui choisit, un qui s’expose et l’autre qui se protège, un qui souffrira et l’autre qui s’en sortira. C’est un jeu cruel parce qu’il est pipé. C’est un jeu dangereux parce que quelqu’un perd obligatoirement.
- La force particulière de la sociodicée masculine lui vient de ce qu’elle cumule et condense deux opérations : elle légitime une relation de domination en l’inscrivant dans une nature biologique qui est elle-même une construction sociale naturalisée.
- L’éternel masculin et l’éternel féminin sont, pour une large part, l’oeuvre des contingences sociales, et rien n’est plus malaisé que de démêler, dans l’empreinte sexuelle, ce qui appartient en propre à l’animal masculin et à l’animal féminin.
- Mais voici qu’il me vient un autre antagoniste, un franc célibataire, égoïste achevé, aimable, jeune encor, dans l’aisance élevé Je suis libre, dit-il, et la loi juste et sage N’a forcé jusqu’ici personne au mariage.
- Ce que les hommes ont nommé amitié n’est qu’une société, qu’un ménagement réciproque d’intérêts, et qu’un échange de bons offices; ce n’est enfin qu’un commerce où l’amour-propre se propose toujours quelque chose à gagner.
- L’attachement personnel est un luxe que nous ne pouvons nous permettre qu’après avoir éliminé tous nos ennemis. Avant cela, tous ceux que nous aimons sont des otages qui sapent notre courage et corrompent notre jugement.