La quarantaine ou l’âge du renoncement ? Et si, une fois atteint l’autre côté du miroir, c’était un âge plus heureux à vivre que celui des possibles, au moins, parce que l’espace des choix s’est réduit et qu’il ne reste donc qu’à profiter de la vie ?
Image : La quarantaine ou l’âge du renoncement...

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- La vie retrouve des contours et des contrastes. Elle n’est plus une masse informe de jours amalgamés, mais une succession de moments tissés ensemble dans l’étoffe du temps qui passe. Alors, vivre et vite !
- On dit que briser un miroir ça fait sept ans de malheur. Dans le cas de quelqu’un de franchement laid, ça peut faire sept ans de bonheur.
- Voilà le miroir où la nature nous présente ce que l’avenir nous préserve après la mort. Y voit-on apparaître quelque image horrible, quelque sujet de deuil ? N’est-ce pas un état plus paisible que n’importe quel sommeil ?
- La jeunesse n’ose pas se regarder au miroir de la conscience quand elle verse du côté de l’injustice, tandis que l’âge mûr s’y est vu : là gît toute la différence entre ces deux phases de la vie.
- Songez dès à présent à la vieillesse qui viendra trop tôt, et vous ne perdrez pas un instant. Tandis que vous le pouvez, et que vous en êtes encore à vos années printanières, donnez-vous du bon temps; comme l’eau s’écoulent les années.
- Amitié : Seul sentiment que l’âge renforce. On peut badiner avec l’amour mais pas avec l’amitié. Car, contrairement au premier, la seconde n’est pas dévastée mais embellit par l’augmentation de l’espérance de vie.
- Rien ne change en fin de compte. On croit devenir adulte mais à part le corps et les soucis, on reste les mêmes qu’il y a trente ans.
- Arrive-t-il un moment de la vie où le bonheur est passé, où l’on attend plus rien ? Est-ce cela que vieillir ? Lorsque aujourd’hui ne parle que d’hier, quand le présent n’est plus qu’un trait de nostalgie que l’on cache pudiquement par des éclats de rire ?
- Le bien-être éloigne la vieillesse, ou la rend moins hideuse.
- À quoi cela sert-il de vieillir ? Peut-être, justement, à rien d’autre qu’à élargir la vue, à ouvrir l’horizon. Car c’est en inscrivant son expérience particulière dans les formes de l’intersubjectivité - ces lieux universels du sens que sont la vérité, la justice, la beauté et l’amour - que l’individu tout à la fois se singularise et s’humanise.
- On compte la durée de la vie par le nombre des années qu’on a vécu, on devrait n’en compter la durée que par l’usage qu’on en fait; tel meurt à cent ans, qui n’a pas commencé à vivre.
- Une des différences entre la jeunesse et la vieillesse : quand on est jeune, on invente différents avenirs pour soi-même; quand on est vieux, on invente différents passés pour les autres.
- Il y a une dignité à vieillir comme on a vécu.
- Ceux qui refusent à penser "vieillesse" vieillissent bien moins vite et plus harmonieusement que ceux pour qui leur date de naissance est une obsession.
- Les années s’écoulent et elles emportent nos forces et nous amènent les infirmités; elles nous ôtent pièce à pièce tous nos moyens de plaisir; elles nous laissent pour nourriture le passé qui est triste, et pour perspective l’avenir qui est court.